On a retrouvé le dragonnier-ombrelle !
13 août 2015 - Nature commentaires   //   2032 Views   //   N°: 67

Présumé originaire de l’île Maurice (où on ne l’a jamais trouvé à l’état sauvage), le dragonnierombrelle faisait partie depuis plus de deux siècles des grandes énigmes botaniques. Mais plus depuis 2014 où son origine est désormais avérée : quelque part entre Sainte-Marie et la Pointe-à-Larée… 

L’origine du dragonnier-ombrelle (Dracaena umbraculifera), ou dragonnier-garde-sol, est restée floue pendant des siècles. Le botaniste Nicolas Jacquin, en 1797, dessine et décrit la plante à partir d’un spécimen vivant qui se trouvait alors dans le jardin botanique du palais de Schönbrunn, en Autriche. La plante est particulière avec ses feuilles d’un mètre de long au centre desquelles les fleurs forment un grand bouquet dressé, ce qui la distingue nettement des autres Dracaena. En ces temps-là, elle est considérée comme originaire de l’île Maurice, sauf qu’aucune plante de cette espèce de dragonnier-ombrelle n’a jamais été trouvée à l’état sauvage dans la petite île des Mascareignes, même si elle est déjà cultivée comme plante ornementale au jardin botanique de Pamplemousse.

Elle était donc considérée comme éteinte dans la nature, n’étant parvenue jusqu’à nous que par quelques rejetons cultivés dans des jardins botaniques. Mais voilà qu’un coup de tonnerre éclate en 2014, lorsque qu’une équipe de Missouri Botanical Garden (MBG) rencontre un collectionneur privé qui affirme posséder un Dracaena umbraculifera dans son jardin, ce qui indiquerait à la grande surprise des spécialistes que cette plante est originaire de l’île Sainte-Marie (Nosy Boraha) et non pas de Maurice !

Des chercheurs de MBG se rendent alors à Sainte Marie et quelle n’est pas leur surprise de tomber sur un spécimen qui pousse dans le jardinmême de l’hôtel où ils sont logés ! La plante est identique à celle dessinée par Jacquin deux siècles plus tôt. D’autres individus seront trouvés dans les vestiges de la forêt côtière de Sainte-Marie et dans la forêt de Kalalao et le séquençage d’ADN montre que D. umbraculifera est proche de ces espèces.

Quelque mois plus tard, la recherche se focalise de l’autre côté du canal de Sainte-Marie, dans la presqu’île de Pointe-à-Larée, plus précisément dans la Nouvelle aire protégée (NAP) aménagée par le gouvernement malgache avec le concours du MBG. Des dizaines d’individus sont alors retrouvés, ce qui indique que le dragonnier-ombrelle est également natif de cette forêt. Mais il est moins menacé ici qu’à Sainte Marie où la pratique du tavy (culture sur brûlis) fait rage. Si petite soitelle par rapport aux autres aires protégées de la Grande Ile, Pointe-à-Larée est donc grande au regard des scientifiques qui ne cessent d’en tirer de somptueux trésors !

#HansRajaonera
Missouri Botanical Garden

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