Ombay Mitady
15 novembre 2014 - Médias commentaires   //   2926 Views   //   N°: 58

Avis de recherche

Avec 50 fugues par semaine enregistrées au niveau national, il est clair que l’émission  quotidienne Ombay Mitady (Avis de recherche)  sur Viva répond à une véritable attente du public. D’autant que  les moyens d’action de la police sont assez limités en ce domaine, faute d’informations remontant vers elle.

Lalaina Ramanandraibe, productrice et présentatrice de l’émission.

Ombay Mitady ressemble à une version malgache de la célèbre émission Perdu de vue de Jacques Pradel, diffusée à la télé française dans les années 90. Lalaina Ramanandraibe, productrice et présentatrice de l’émission, reconnaît n’avoir rien inventé car le concept est quasiment le même : aider les parents à retrouver leurs enfants disparus. « En quatre ans d’existence,  nous comptons plus de 90 % de résultats, ce qui nous pousse à continuer », souligne-t-elle. Diffusée en prime-time soit à 20h30 sur la chaîne Viva, Ombay Mitady tente de se rapprocher d’une télévision à vocation sociale. Il faut savoir que Madagascar compte une cinquantaine de fugues par semaine et que les moyens de la police malgache sont relativement limités, car très peu d’informations, émanant notamment des parents des fugueurs, remontent vers elle.

« Nous sommes une sorte de relais entre la police, les services de justice et les parents. Mais nous ne pouvons agir sans l’accord de la police ou de la Justice. Le rôle de la télé est très important car elle s’adresse à des milliers de personnes et les impacts sont considérables », estime Lalaina Ramanandraibe. Pour preuve, elle reçoit constamment des appels, des SMS d’encouragement et de remerciements de la part des téléspectateurs. « Je me rappelle d’une dame qui avait enquêté de son côté et de sa propre initiative pour aider à retrouver les parents d’une fillette, alors qu’elle n’avait aucun lien de parenté avec l’enfant disparu. Un bel exemple de solidarité. » Le principe de l’émission repose sur la  collaboration étroite avec la police, la gendarmerie et les services juridiques. Les informations arrivent au niveau du commissariat central qui contacte ensuite l’émission. « Les enquêtes sont ouvertes par le biais des téléspectateurs qui nous aident et nous donnent des informations. Il faut les contrôler et si elles sont exactes, nous envoyons les équipes. Après, c’est la justice qui prend en charge l’affaire. »

Malgré le nombre considérables de disparitions, l’émission Ombay Mitady ne peut se consacrer qu’à deux cas par semaine, généralement contactée par le BMH (Bureau municipal d’hygiène), le Service des mœurs et des mineurs ou le SPDTS (Syndicat des professionnels diplômés en travail social. « L’affaire la plus longue que nous avons eue est celle d’un petit garçon que nous avons retrouvé huit ans après. Il était déjà dans une famille adoptive mais on a pu le mettre en contact avec ses vrais parents. Devant de tels cas, souvent l’émotion nous gagne. On voudrait faire plus, mais ce n’est pas toujours possible… En tout cas on ne se prend pas pour des justiciers ou de super-héros, ça reste d’abord de la télévision. »  

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