Nosy Saba : Joyau des Radama
1 juin 2015 - Escales commentaires   //   2318 Views   //   N°: 65

Joyau, paradis, Eden… ces termes paraissent bien éculés mais décrivent pourtant parfaitement les attraits naturels incomparables de Madagascar, ses îles sœurs (Nosy Be et Sainte-Marie) et sa constellation d’îlots. Parmi ces derniers, l’archipel des Radama, sur la côte nord-ouest, renferme quelques merveilles. 

Départ de Nosy Be pour trois heures de mer. Direction plein sud. Après avoir admiré Nosy Iranja et la côte sauvage de la Grande Terre, notre coque rapide serpente déjà à travers les îles qui constituent l’archipel des Rad ama. Droit devant des points furtifs (des voiles ? des rochers ?), tel un mirage, semblent vouloir barrer l’horizon. Très vite on découvre qu’il s’agit d’une végétation luxuriante qui couvre les 130 ha d’une île (1,8 km de long sur 800 m de largeur) dont les représentants les plus majestueux s’aperçoivent de fort loin.

Bienvenue à Nosy Saba où l’on débarque sur une immense plage de sable blanc que bordent des eaux turquoise. Le luxueux lodge qui s’y est implanté, n’a enlevé en rien le côté authentique des lieux qui présentent l’exceptionnelle (ici l’adjectif est vraiment approprié) particularité d’offrir, à quelques centaines de mètres de distance, des paysages extrêmement variés : petite crique encerclée de rochers surmontés d’une belle végétation, forêt primaire abritant une riche faune, bois de filaos qui surplombent de majestueuses falaises…

Un circuit de plus de deux heures parcourt le pourtour de l’île. Un autre traverse la dense forêt du centre où vivent une multitude d’oiseaux (milan noir, phaëton à queue blanche, faucon de Newton, gravelot de Leschenault…) et de rares lémuriens « aux yeux bleus ». Des marais et étangs sont autant de lieux de nidification pour des hérons, petits paradisiers, martin-pêcheur, dendrocygnes (canards) fauves ou veufs… Ce sont sur les plages, à quelques dizaines de mètres des bungalows, qu’en toute quiétude les grandes tortues marines viennent pondre. Ici elles se sentent protégées. Tout comme les cohortes de pintades sauvages ou les poules d’eau qui fréquentent les alentours du lodge.

Poissons coralliens le long de beaux récifs, mais aussi dauphins et, de juillet à octobre, baleines à bosse séjournent dans les eaux calmes, translucides et peu profondes qui entourent Nosy Saba. Les populations locales et principalement les pêcheurs traditionnels ont, eux aussi, libre accès à l’île où ils bivouaquent parfois. On peut aisément les côtoyer et appréhender leurs techniques de pêche et de séchage du poisson.

Au soleil couchant, parcourir les grandes étendues qui permettent d’atteindre des falaises crayeuses offre un réel sentiment de liberté. Sur sa branche, un aigle pêcheur nous observe arpenter les derniers hectomètres qui nous séparent d’un vertigineux panorama sur la Grande Terre à moins de dix kilomètres de distance. Respectueux des traditions locales, les nouveaux habitants de l’île (qui était d’ailleurs demeurée inoccupée) ont érigé un Hankazomanga composé de quatre gigantesques pierres levées. Pour implorer toutes les forces de l’univers afin de protéger, à tout jamais, ce qui doit être considéré comme un véritable sanctuaire naturel.

Texte et photos #RichardBohan 

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