Njato RAZANAKOTO
1 mars 2013 - By night commentaires   //   1078 Views   //   N°: 39

Chauffeur de jour, Njato n’hésite pas à prendre sur ses nuits quand les mouvements autour des restaurants et des clubs lui permettent d’espérer de bonnes recettes. Un métier qu’il exerce depuis six ans. Sans incidents notoires, même si certains lieux sont plutôt à éviter la nuit.

C’est quoi la journée d’un taximan ?

Moi je travaille de jour. Je pars d’Ambohimanarina pour être à Antsahavola vers 6 heures du matin, et si c’est calme je rentre chez moi dès 19 heures. Mais s’il y a de la demande, je peux aussi bosser la nuit.

Ca permet des tarifs plus élevés : au lieu de facturer la course 35 000 ariary pour aller du centre-ville à Ivato, je demande 40 000 ou 45 000 ariary. Bien sûr, de nuit il faut être doublement vigilant, veiller sur sa sécurité et celle de son client. Il y a des endroits que je préfère quand même éviter, du côté d’Isotry notamment.

Quelles sont les meilleures heures ?

De nuit, le meilleur créneau est entre 17 et 22 heures, avec les gens qui vont au restaurant. Ensuite je fais une petite sieste entre 22 heures et minuit. C’est l’heure où les clubbeurs rentrent chez eux, il y a du mouvement jusqu’à environ 2 heures du matin. Je me fais six clients en moyenne par jour, soit environ 30 000 ariary.

Ce n’est pas le grand luxe, il faut encore payer la location du véhicule à la journée, mais ça va ! À 29 ans, sans famille à charge, je m’en sors assez bien. Le coup de chance, c’est quand un client me prend pour la journée entière : je facture 80 000 ariary, avec le carburant à mes frais, mais uniquement pour des courses en ville.

Comment ça se passe avec les clients ?

Dans l’ensemble bien. J’essaie de faire attention à la propreté de mon véhicule et de soigner mon comportement pour qu’ils aient envie de monter avec moi. Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai eu à déplorer aucune agression, même si on n’échappe pas aux sautes d’humeur de certains clients.

Pas de grosses bagarres, mais ils arrivent énervés, on ne sait pas pourquoi, et ils partent en claquant la portière… je ne supporte pas ! De façon générale, à cause de la crise, on a moins de clients qu’avant, les gens préfèrent prendre le bus. Sauf la nuit où ils n’ont pas le choix.

Propos recueillis par #JoroAndrianasolo

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