Nirina Ralanto : « Le scénario de mes rêves »
6 août 2013 - Cultures Médias commentaires   //   2048 Views   //   N°: 43

Amoureuse de toutes les formes d’art, Nirina Ralantoarintsimba a d’abord choisi de s’exprimer à travers les images et le cinéma. Elle a contribué à l’adaptation des dialogues de la comédie romantique « Amour & Turbulences » d’Alexandre Castagnetti, sortie cette année, avec Ludivine Seigner et Nicolas Bedos.

 

Comment êtes-vous devenue adaptatrice du film français « Amour & Turbulences » ?
En septembre 2010, je venais d’emménager à Abou Dabi, aux Emirats arabes unis, où j’avais décroché un poste d’enseignante. Entretemps, mon frère Julien qui possède une maison de productions, Révérence Films, me contacte. C’était un peu un appel au secours. Il voulait que je l’aide à traduire le scénario sur lequel il était en train de travailler – l’histoire d’une jeune femme (Ludivine Seigner) qui retrouve dans un avion, entre New York

et Paris, l’homme (Nicolas Bedos) qu’elle a aimé trois ans plus tôt. C’était étrange, car je découvrais tout juste la vie émirienne et je devais me plonger dans cette histoire d’amour à la française… J’ai adoré cette époque d’écriture effrénée où j’avais l’impression d’avoir le don d’ubiquité !

En quoi consiste le travail d’adaptateur ?
On adapte une oeuvre déjà existante. Ainsi, Amour & Turbulences est adapté de Stand by love du scénariste américain Vincent Angell. Nous avons été cinq coscénaristes et adaptateurs français sur ce scénario. Nous avons travaillé les uns après les autres jusqu’à lui donner cette tonalité française. En adaptant, on remodèle un peu l’histoire et les personnages, parfois on les change. On retravaille tous les dialogues, surtout les situations comiques, car ce qui est drôle pour un public américain ne l’est pas forcément pour un public français. L’humour est souvent difficile à traduire littéralement. Le nouveau produit est parfois très différent de l’original.

Avez-vous suivi une formation particulière ?
Non, aucune. J’observe ce qui se passe autour de moi, c’est mon école d’écriture. J’écoute les gens parler, le ton de leur voix, leur musicalité, leurs tics de langage, et en même temps je prends des notes. Je porte également une grande attention aux intentions cachées dans les conversations. Le cinéma m’a toujours fascinée, c’est un pouvoir incroyable que d’écrire des histoires qui seront incarnées par des acteurs pour mieux entrer dans l’imaginaire des gens. C’est quelque chose de magique, de complètement jouissif.

Le fait d’être franco-malgache vous apporte-il quelque chose de plus ?
Forcément. Je suis de deux cultures et je joue sur cette facette métissée. Au-delà du problème de l’origine, je veux faire des films qui expriment l’hybridité fondamentale du monde, des films à la croisée du comique, du tragique, de la poésie, de la métaphysique. Je sais, ça paraît ambitieux et déroutant pour certains, mais c’est ce qui m’intéresse et me fait vibrer. Sinon je me tairais…

Vos prochaines réalisations ?
Je travaille avec mon frère sur un nouveau scénario qui sera tourné, j’espère, en 2014. Je suis également sur un projet vidéo depuis un an et demi qui s’intitule Travel Journal in Abu Dhabi, c’est ma vision personnelle et poétique des Emirats. Les 11 chapitres déjà réalisés sont visibles sur Youtube et Vimeo. Sinon, on peut toujours visionner mon court-métrage Mot compte double sur Youtube.

Aina Zo Raberanto

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