Nadia Corneil : La misère n’est pas une fatalité
27 mai 2016 - Escales commentaires   //   1625 Views   //   N°: 77

Née dans une famille de 11 enfants, délaissée par un père absent au fin fond du Vakinankaratra, Nadia Corneil a démontré tout au long de sa vie que le travail, la rigueur et l’honnêteté peuvent soulever des montagnes. 

« Nous ne mangions pas toujours à notre faim et il m’est arrivé, enfant, de chaparder une partie de la nourriture des cochons de mon oncle et, tout en étant réprimandée, de m’entendre dire que les cochons, que l’on peut revendre, valaient mieux que moi. » Nadia Corneil a connu la misère la plus noire, celle qui sévit encore dans bon nombre de contrées malgaches, où la survie quotidienne engendre les pires comportements. « Très jeune, avec ma mère, nous travaillions pour un kapoaka (environ 30 cl) de riz par jour. Ma mère empruntait du riz qu’elle devait rendre au triple : l’engrenage de la misère. »

Elle part opportunément pour Toamasina accompagner sa grande soeur puis arrive à Antananarivo. « Pour entrer dans le monde du travail j’ai dû rester plusieurs mois devant l’usine avant d’être embauchée. J’ai débuté comme tricoteuse et à force de travail et d’assiduité, alors que je ne parlais pas le français et savais à peine lire et écrire, j’ai fini modéliste. Je créais des vêtements accompagnés de leurs fiches techniques de production. » 

Partie à Antsirabe pour créer une scierie, elle rencontre quelques années plus tard son futur mari. Aujourd’hui Nadia Corneil dirige de main de maître l’hôtel Vatolahy, dont la réputation d’établissement confortable et bien tenu n’est plus à faire. « Nous cherchons à améliorer sans cesse les services car nous sommes vraiment à l’écoute des clients. » Une belle leçon de vie pour une histoire qui se termine comme un conte de fée. 

Texte et photo : #RichardBohan

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