Mr B : Le mur du sound
3 février 2015 - Cultures Music Musiques commentaires   //   1810 Views   //   N°: 61

Daniel ou Boble pour les intimes, une déformation de « beau bleu ».
Mais sur scène c’est bien Mr. B, Reggae lover comme il aime à se définir, dans une tonalité dancehall 30 clairement assumée. 

Un artiste dancehall, un sound boy comme on dit dans les milieux du reggae, n’est jamais loin de son sound system, ce matériel de sonorisation (enceintes, amplis, platine vinyles, tables de mixage) qu’il traîne avec lui au gré des fêtes et des soirées.
Mis au point par les DJ jamaïquains au début des années cinquante, qui les montaient souvent sur camion pour animer les street parties, les sound systems sont aujourd’hui de véritables laboratoires musicaux. 

Dans la grande tradition dancehall (issue du reggae des années quatre-vingt), Mr B compose essentiellement ses morceaux à partir de riddims (rythmes en argot jamaïquain), ces séquences musicales servant de bases aux chansons qui sont librement partagées sur Internet.

« En fonction de ce que je télécharge, je colle des textes dessus, ce qui se marie le mieux avec.
Des trucs très peace and love en général. »
Mais pas que ! Car le dancehall a souvent le même type de messages engagés à faire passer que le reggae lui-même, à commencer par la dénonciation de Babylone.
L’autre côté très intéressant de la musique de Mr B est son incursion dans ce que l’on appelle le Trap, un cocktail massif de dance hall et de hip hop ! Un style violent et lourd créé pour « retourner les têtes » et qui n’est pas sans évoquer le Dirty South ou le Crunk très à la mode ces dernières années.

Contre toute attente, Boble est arrivé au reggae assez tard. Ses premières amours sont plutôt à rechercher du côté du rap.
« Vers 2004, je jouais dans un groupe appelé Menatasquad. Officiellement on n’est pas séparés, disons qu’on s’est pas mal éparpillés… » Le reggae lui apparaît comme un moyen d’expression plus riche, plus gratifiant au niveau de la composition, et surtout ouvert à toutes sortes d’expérimentations musicales : soul et pointe de jazz en ce qui le concerne.
Influences revendiquées : Sizzla, Daddy Nutea, et toujours l’ombre du grand Bob pour le ramener dans le droit chemin quand il menace de s’égarer.
C’est ainsi qu’il en est venu à écrire des petites merveilles comme Rehefa tia (en libre écoute sur la page Soundcloud Mr.
B Officiel) : « J’y parle de toutes ces petites expressions un peu ridicules, ou touchantes c’est selon, que l’on a quand on est amouraka (amoureux, dans son argot à lui) ».

Avec un album en chantier mais sans date de sortie arrêtée, Boble se consacre surtout pour le moment à la scène.
En bon Reggae lover, son prochain concert aura lieu le 14 février, jour de la Saint-Valentin : « Je tiens à cette date, elle n’est pas choisie au hasard. » On s’en serait douté… 
 

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