Mounawar Ibrahim : « Contre la culture de la défaite »
10 août 2016 - Comores Diaspora commentaires   //   2060 Views   //   N°: 79

Né à Tsinimoichongo dans le sud-ouest de la Grande-Comore, Mounawar Ibrahim est à 25 ans l’une des valeurs montantes de la jeune littérature comorienne. Son roman « Par cours du bonheur » parle d’envie de réussir dans un Sud largement dominé par la « culture de la défaite ».

« Par cours du bonheur » par Mounawar Ibrahim, Edilivre-Paris, décembre 2015, 140 p.

« Par cours du bonheur », pourquoi ce titre à double sens ?
C’est un jeu de mots pour exprimer cette vérité : on n’avance sur la voie du bonheur (parcours) que si l’on sait en tirer toutes les leçons (cours). Dans ce roman, je parle d’espoir, d’audace et d’élévation. Mon héros Mouloud, un jeune né dans un pays pauvre de la corne de l’Afrique, se fixe comme objectif de réussir avec comme seules armes sa persévérance et la confiance en soi. Je montre comment il est difficile dans un pays du Sud de se forger un avenir. Je blâme accessoirement la mentalité défaitiste de la société comorienne. Je suis contre la culture de la défaite.

Pourquoi l’écriture ?
J’ai toujours ressenti cette envie de m’exprimer à travers les mots. Avec un ami, nous tenions un blog communautaire que nous alimentions régulièrement. C’est à partir de là que j’ai commencé à faire passer mes idées. J’aime les débats sociétaux, j’écris pour dénoncer la culture du silence qui prévaut depuis trop longtemps dans mon pays.

Tes liens avec Madagascar ?
Le projet de m’établir sur la Grande Île remonte à mon adolescence. C’est un pays que je voulais découvrir et je suis loin d’être déçu par ce choix. Pour l’heure, faute de temps et bien que ce ne soit pas une excuse, je n’ai pas encore pu assister à une manifestation culturelle à Tana ou ailleurs. Mon Master de Droit public interne et international à Ankatso m’occupe à plein temps.

L’avenir ?
J’aimerais dire à tous les jeunes des pays à la traîne, des pays où rien ne semble pouvoir arriver, qu’il ne faut pas baisser les bras, se laisser aller au désespoir. J’adresse un message de confiance et d’espoir. Le bonheur, c’est dans la tête. Peut-être qu’il court vite, mais on finit toujours par l’attraper !

Propos recueillis par #MoussafiriMourchidi

COMMENTAIRES
Identifiez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.
Fermer