Mija Kamisy : Objet charmant non identifié
2 février 2015 - Cultures Music Musiques commentaires   //   2190 Views   //   N°: 61

Avec ce premier album enregistré en Belgique, la belle Mija nous livre une world très maîtrisée aux frontières de la pop et de l’electro.
Aux manettes, deux « sorciers du son », les frères Njava en personne, Maximin et Pata.
Autant dire un coup de maîtres. 

Mais quel est cet ocni (objet charmant non identifié) qui a brusquement traversé la voûte étoilée ce 18 décembre à l’hôtel Carlton Anosy ?
Elle était là, chevelure très avantageuse façon comète embrasant l’atmosphère, pour présenter son premier album intitulé Du Nord au Sud.
Une prestation tout ce qu’il y a de plus maîtrisée, registre gentiment world, pour un nom totalement inconnu du grand public : Mija Kamisy ?

Heureusement que des initiés étaient là pour laisser filtrer l’information : c’est la dernière bombe anatomique des frères Njava, Maximin et Pata.
Les « sorciers du son » comme on les appelle.
Les Phil Spector malgaches (sans les embrouilles) ! De l’enregistrement au mastering, ils ont tout manigancé depuis leur studio MsyP, en Belgique.
Sans oublier, dans le casting, tout le carburant nécessaire pour déclencher la réaction thermonucléaire : Régis Gizavo, Miary Lepiera, Joël Rabesolo, que du lourd ! 

D’Ambila za à Tsy Feoko ou Fitadiavagna, les oreilles avisées se plaisent à reconnaître les coups de cymbales de Pata et la guitare acoustique tout en nuance de Maximin.
Histoire de se rappeler que les frangins ont un sacré palmarès : qui a oublié le groupe Suarez au sein duquel ils ont officié au début des années 2000 avec Marc Pinilla et Dada Ravalison ?
Formé en Belgique (où les frères Njava vivent depuis les années 90), le groupe enchaînera les tubes et se fera même inviter à l’émission Taratata en 2008.
Leur marque de fabrique : de la world raffinée aux frontières de la pop et de l’electro, dont on retrouve les accents dans cet album survitaminé.
Dans ce casting de rêve, Mija tient fort bien son rang grâce à sa voix très inspirée, tour à tour rauque et enjôleuse, aux capacités polyphoniques certaines. 

Venue du milieu de la danse contemporaine, via la compagnie Vaniala, elle aura mis un an et demi pour parachever cet opus qui aura demandé bien des allers-retours entre Madagascar et la Belgique.
Un album où il ya beaucoup d’elle-même, à commencer par ce titre : Du Nord au Sud. « Je viens du Sud, je suis une Betsileo de Fianarantsoa mais j’ai grandi au Nord, à Antsiranana (Diego- Suarez).
Dans mes chansons, je m’exprime en antakarana, le dialecte du Nord. Je veux porter en moi toute la diversité de la Grande Ile.
Et ce n’est pas parce que je suis une côtière qu’il faut m’étiqueter musique tropicale. » Bref, la belle Mija a de la suite dans les idées et devrait sans problème pouvoir s’annoncer comme la grande surprise de l’année.

COMMENTAIRES
Identifiez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.
Fermer