Michael Andrianaly : « Portraits sans filtres »
11 décembre 2017 - CulturesNo Comment   //   1742 Views   //   N°: 95

À travers les portraits de jeunes travailleurs malgaches, le cinéaste Michael Andrianaly met en lumière le quotidien d’une génération tiraillée entre rêves et obligations. Après « Todisoa et les pierres noires » et « Njaka Kely », il travaille aujourd’hui à la réalisation de son prochain film « Confidences Madagascar », un projet financé par l’Organisation internationale de la Francophonie.

Rien ne semblait prédestiner Michael Andrianaly à une carrière dans le septième art. Après avoir suivi des études universitaires en commerce international et en gestion d’entreprises, il a le déclic en 2011 et décide de quitter le chemin tout tracé qui se présentait à lui pour se tourner vers la réalisation. « Ma passion pour le cinéma m’est venue sur le tard. Ce n’est qu’après avoir participé à une résidence d’écriture de documentaires de création à l’Alliance française de Toamasina, dans le cadre du programme Doc OI, que j’ai commencé à m’intéresser à la réalisation. »

À l’issue de cette expérience, il écrit Todisoa et les pierres Noires, son premier film documentaire. Cette œuvre nous emmène sur les traces de Todisoa qui, suite à un projet d’extraction minière sur ses terres, est contraint de quitter Vohitrambato à Toamasina. Pour survivre et nourrir sa famille, il doit parcourir quotidiennement les sept kilomètres qui le séparent de son ancien village avec deux sacs de charbons sur les épaules. Lors de sa sortie en 2012, cette œuvre a été saluée par la critique et a été sélectionnée à de nombreux festivals dont le Festival d’Afrique et des Iles de la Réunion en 2013.

Michael Andrianaly est devenu le porte-parole d’une jeunesse malgache désireuse de s’en sortir malgré les difficultés auxquelles elle est confrontée. « Je veux montrer l’envers du décor de la vie de certains Malgaches. Mon but est de prouver que ce peuple est habité par une rage de vivre. L’idée n’est pas de montrer la pauvreté mais plutôt le courage dont font preuve les protagonistes et les rêves qui les animent. »

En 2015, le cinéaste présente son deuxième film documentaire Njaka Kely, une œuvre qui lui tient particulièrement à cœur. « C’est le premier film que j’ai produit et réalisé au sein de ma société de production, Imasoa Film. C’est l’histoire de Njaka, un orphelin de 17 ans, qui a choisi de quitter la capitale pour s’installer à Toamasina et y travailler comme tireur de cyclo-pousse. Il se heurte rapidement à la dure réalité et se laisse tenter par la drogue et les filles. Mon seul regret est que, maintenant, je n’ai plus de nouvelles de lui », confie-t-il.

Michael Andrianaly est abonné au succès. En effet, Njaka Kely a notamment été choisi pour participer au Festival international du cinéma et de l’audiovisuel au Burundi en 2016 et au Festival international du cinéma numérique de Cotonou au Bénin en 2017.

Pour l’heure, le cinéaste tourne son prochain film Confidences Madagascar pour lequel il a reçu une aide à la production d’un montant de 13 000 euros de l’Organisation internationale de la Francophonie à travers le programme Fonds Images de la Francophonie.

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