Métrosexuels : Métro mais pas trop !
13 juillet 2014 - Bien être commentaires   //   1707 Views   //   N°: 54

Adieu barbe râpeuse, grosses mains calleuses, odeurs viriles d’aisselles, les hommes d’aujourd’hui réclament laits corporels, épilation et manucure. Efféminés ? Pas plus que David Beckham, le chantre des métrosexuels, ces nouveaux urbains qui soignent leurs corps sans renoncer à leur virilité. 

 

En 2015 (très bientôt !), un homme sur deux utilisera régulièrement un soin du visage. C’est ce que nous prédit l’industrie des cosmétiques et il n’y aucune raison de ne pas la croire. Il suffit de voir tous ces mâles qui se convertissent aux joies des soins corporels, sans pour autant laisser planer de doute sur leur virilité. Dès la fin des années 1990, on leur a forgé le néologisme de métrosexuel – contraction de « métropolitain » et « hétérosexuel » – car ce comportement signe essentiellement les nouveaux urbains. Portés sur la mode et les produits cosmétiques, ils soignent avec une belle constance leur apparence physique : alimentation, musculation, massage, soins esthétiques dont coiffure, épilation intégrale, rien n’est trop beau pour eux. 

 

Leur ambassadeur a longtemps été le footballeur David Beckham, mais il n’est pas un chanteur à la mode aujourd’hui, ou une star de la télé, qui ne puisse être étiqueté de « métro », à moins bien entendu qu’il se revendique ouvertement homo. A Madagascar, le phénomène est moins apparent, mais la culture urbaine n’est sans doute pas aussi développée qu’ailleurs et la classe moyenne encore trop peu présente, ceci expliquant cela. Mais en cherchant bien, on en trouve, et pas seulement chez les résidents étrangers, ce serait trop simple ! Témoin Fitzgerald, 29 ans, 1m 80, rasé de près, avec piercing aux sourcils et lunettes de soleil. « J’ai toujours pris soin de mon corps. Je le fais avant tout pour moi, pas pour les autres », affirme-t-il, rectifiant d’un geste sûr l’ordonnancement de sa coiffure.

Deux fois par semaine, il se passe un démaquillant pour éliminer les impuretés, puis réalise un gommage sans oublier le gel nettoyant pour une peau parfaite. Ses sourcils sont aussi épilés en plus de soins de manucure et pédicure faits maison. « On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Personnellement, je ne vais jamais dans les salons de beauté. » Côté vestimentaire, il aime porter des hauts près du corps et des slims. Chic et casual, comme il se présente lui-même. Les instituts de beauté de la capitale reconnaissent accueillir de plus en plus d’hommes. « Ils viennent essentiellement pour faire des séances d’épilation, un spa ou un massage, ou encore pour une coupe. Ce sont les demandes les plus récurrentes chez nos clients masculins », confie Pierre, propriétaire d’un établissement de beauté. Propre sur soi mais pas efféminé, tel est le leitmotiv du métrosexuel. Les vendeurs de crème de jour l’ont si bien compris que pour mieux capter cette nouvelle clientèle, ils ne disent pas « cosmétiques » mais « soins », de même qu’il n’est pas question de « beauté », mais d’« hygiène ». On est mâle ou on ne l’est pas. 

Aina Zo Raberanto

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