Mehdi Masalmeh : Coup de blues
2 mars 2015 - Cultures Music Musiques commentaires   //   1793 Views   //   N°: 62

Harmoniciste, guitariste et chanteur d’origine franco-jordanienne, Mehdi Masalmeh est de retour à Madagascar. Un pays qu’il pratique depuis longtemps et sur lequel il ne désespère pas de faire souffler un jour le pur esprit du blues.  

Mehdi Masalmeh n’est pas un musicien ordinaire. Non seulement il est d’origine franco-jordanienne, métissage assez rare dans les milieux du blues, mais son mécanisme de création est tout à fait unique, reposant entièrement sur l’improvisation. À l’harmonica comme à la guitare, mais aussi bien au chant, tout est affaire chez lui de ressenti. « Je ne prêche pas un idéal ou une cause précise dans ma musique comme dans mes paroles. Un phrasé peut me venir à n’importe quel moment, en fonction de ce que je vois, entends ou sens. » Avec ce résultat assez étonnant que tout semble écrit tellement son jeu coule de source !

Ce n’est qu’à 19 ans que Mehdi Masalmeh, né en Italie, débute la guitare et le blues sous l’influence du grand Sonny Boy Williamson II (né Aleck Rice Miller), l’harmoniciste noir américain qui a profondément influencé le british blues des années soixante, des Animals aux Yardbirds. L’école du groove le plus authentique, donnant la priorité à l’émotion et à l’impro’. Après son Bac, il s’inscrit en musicologie, mais choisit de mettre les bouts après deux semaines, ses profs l’estiment trop doué pour suivre leurs cours !

De fil en aiguille, il se retrouve sous les feux des projecteurs, voire sur le devant de la scène à partir de 2009. En six ans, il a déjà donné plus de 400 concerts à travers l’Europe en se produisant dans différents groupes de blues et de jazz. Comme les Blues Corners aux côtés de Richard Blackmore, guitariste et chanteur d’origine jamaïcaine, et Roger Sambson, percussionniste malgache et spécialiste du kabôsy. À Madagascar, précisément, où il se produit chaque année avec des artistes du calibre de Joël Rabesolo (avec lequel il a déjà tourné en Europe), Liva Kamarady, Ndrinakely et Monika Njava.

« Je suis un bluesman perdu dans la mer de jazz », ironise-t-il, faisant allusion à la nette dominance du jazz chez nous. Sans désespérer de participer un jour au grand retour du blues. Pour le moment, il n’a pas de groupe au pays, mais multiplie les scènes ouvertes sur Tana dans l’espoir de détecter des instrumentistes qui soient dans ses cordes. Par exemple, « un batteur qui ne frappe pas trop fort et des musicos qui ne se cachent pas derrière des clichés ». De quoi créer un nouvel esprit blues à Madagascar, et pourquoi pas un jour un grand festival Madabluescar ?

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