Marojejy
3 novembre 2013 - Escales Nature commentaires   //   1284 Views

n°46

Un site d’exception

Moins parcouru que le géant de l’Isalo, le massif de Marojejy, classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2007, réservent bien des surprises au visiteur épris d’authenticité. Du lémurien blanc à l’arbuste « préhistorique » Takhtajania perrieri, tout ici respire le site d’exception.

« Une merveille de la nature », disait Henri Humbert dès 1938 à propos du parc de Marojejy. Ce célèbre botaniste français ne s’était pas trompé : Marojejy, un massif situé à 40 km d’Andapa, au nord-est de Madagascar, est en effet l’une des dernières forêts pluvieuses primaires du monde. À la simple évocation de ce site au directeur de l’Office régional de tourisme Joxe Jaofeno, les chiffres s’affolent : 177 espèces d’oiseaux, 275 espèces de fougères ou encore 11 espèces de lémuriens dont le fameux propithèque soyeux. Ce lémurien blanc fait l’objet d’un suivi constant depuis 2001 par Erik Patel, chercheur au Duke’s Lemur Center. « Bondissant d’arbre en arbre, cet animal passe un quart de la journée à s’alimenter de fruits et de feuilles, le reste du temps il est au repos. » Cependant cette espèce est en danger d’extinction : « on estime qu’il ne reste que quelques centaines d’individus à Marojejy et Anjanaharibe-Sud ». La déforestation et la chasse sont les principales causes de leur disparition.

Malgré une biodiversité incroyable, les visiteurs n’affluent pas à Marojejy. Seulement 1 400 touristes en 2012 ont arpenté les sentiers de cette montagne haute de 2 100 m. Ce massif fait pâle figure face au géant de l’Isalo et ses 30 000 visiteurs. Pourtant, c’est justement dans son isolement que ce parc puise un charme saisissant. Chemins escarpés, enchevêtrement de branches et de racines, ce site est une aire de jeux pour petits et grands randonneurs. Selon Joxe Jaofeno, Marojejy est singulier à plus d’un titre : il s’agit de l’un des derniers

parcs demeuré intact, « nous y rencontrons un arbuste aux feuilles d’un vert brillant datant de l’ère préhistorique, le Takhtajania perrieri ». De plus, la gestion qui en est faite est inédite. Autorités locales et villageois s’associent afin de maintenir un écosystème en équilibre. « Une association de femmes s’occupe du nettoyage du site quand les enfants des 38 villages alentours sont sensibilisés à sa protection. » Plus qu’un parc, Marojejy est un projet global de développement écotouristique. C’est pourquoi le site a été classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2007.

Mickael Achard

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