Marojejy : Le joyau de la Sava
24 avril 2012 - Escales Escales Nature commentaires   //   1699 Views   //   N°: 27

Méconnue parce qu’enclavée, la région Sava est néanmoins pourvue de quelques-uns des plus beaux sites touristiques de Madagascar, dont le parc national du Marojejy. 

Quelle région peut permettre de se réveiller en bordure d’immenses plages et, quelques heures plus tard, de gravir les pentes d’un massif montagneux recouvert d’une exceptionnelle forêt tropicale humide classée au patrimoine naturel mondial de l’Unesco ?

Le petit jour se lève sur Sambava. L’air est d’une incroyable pureté. Même l’océan qui ne propulse que quelques modestes vaguelettes sur les plages infinies de ce littoral, semble respecter ce décor et cette ambiance empreinte d’une totale quiétude. En prenant la route, nous longeons la lagune de Sambava animée de quelques piroguiers avec, en arrière-plan, le massif du Marojejy.

L’excellente route qui, de Sambava conduit jusqu’à la cuvette d’Andapa, serpente dans la vallée de la Lokoho. Il est vivement conseillé de s’arrêter à environ 6 km de l’entrée du parc national afin de visiter le centre d’interprétation de Manantenina qui 

offre l’opportunité d’appréhender toutes les richesses faunistiques et floristiques du Marojejy : une véritable « mise en bouche ». Achat des billets, choix du guide puis quelques kilomètres d’une petite piste à travers des villages qui comportent de belles cases (les années fastes de la vanille…) et nous voici à l’entrée du parc.

L’ascension débute d’emblée par un sentier assez raide ponctué de marques qui indiquent les lieux de ponte de caméléons. Quelques hectomètres plus loin, une femelle s’affaire à creuser le réceptacle qui recevra ses oeufs qui écloront dans un an, quasiment jour pour jour. Nous nous approchons pour l’observer. Ce petit animal prend alors des allures terrifiantes : gueule largement ouverte et râle court…

Au-dessus de 800 m, la forêt tropicale humide laisse place à la forêt de montagne légèrement plus clairsemée au sein de laquelle nous passerons une heure entière en compagnie d’une famille de Propithécus candidus, ces magnifiques lémuriens à la toison immaculée.

Nous percevons les grondements de l’impressionnante cascade de Humbert, du nom d’un botaniste qui, à la fin des années quarante, avait arpenté ce massif qu’il qualifiait de « plus prestigieux de l’île entière ». Les alentours de cette chute d’eau constituent le paradis pour des grenouilles mantella qui rivalisent de couleurs…

Nous bivouaquons au camp Mantella, le bien nommé. Au réveil, nous surprenons un couple de Galidia elegas, petits carnivores attirés par les restes de notre repas du soir. Un splendide et inoffensif boa Senzinia madagascariensis est venu 

capter les premiers rayons du soleil au pied d’une somptueuse fougère aigle : le spectacle de la nature est partout. La dernière partie de l’ascension jusqu’à 2 133 m à travers une végétation plus rase de type landes permet de découvrir un panorama qui s’étend jusqu’à la mer.

Ce massif protégé grâce à Madagascar National Parks procure l’impression de parcourir des contrées qui n’ont guère changé depuis la naissance du monde. Puissent-elles continuer à être ainsi préservées…

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