Mar’na sy Berto
1 mai 2014 - MusiquesNo Comment   //   2264 Views   //   N°: 52

Produits du terroir

Duo superbement enraciné dans les traditions locales, Mar’na sy Berto joue une musique très épurée où les dialectes s’entrecroisent du nord au sud et où les instruments sont obligatoirement faits maison. Du folk comme à la campagne qu’ils ont déjà  eu l’occasion de balader aux quatre coins de l’Europe.

Quand la musique de Fort-Dauphin fusionne avec celle de Mahajanga, cela donne le duo folk Mar’na (chant et ukulélé) et Berto (mandoline, guitare). Une formation rare, née en France en 2012 et qui a plutôt l’habitude d’évoluer sur les scènes européennes, au rythme d’un concert par mois en moyenne. C’était donc un événement à ne pas rater que ce concert unplugged qu’ils ont donné en mars dernier au Buffet du Jardin d’Antaninarenina devant une cinquantaine de spectateurs. Audience confidentielle pour une heure et demie de musique intense, recueillie, épurée, portée par la guitare acoustique de Berto. Leur deux voix conjuguées ont alterné ballades rustiques et complaintes campagnardes, et plus d’un frisson a traversé l’assistance. « A Madagascar, nous ne sommes connus que d’un petit nombres de passionnés de musique folk. Et comme il très difficile de rivaliser ici avec la musique de danse, les salles où se produire sont assez  rares », fait valoir Mar’na, Marina Razanasoa pour l’état civil. « En Europe, le public est plus attentif aux sonorités des mots et aux mélodies. C’est plus facile là-bas d’endosser l’étiquette folk », concède Berto, Gilberto Maravelo de son vrai nom.

Mar’na & Berto se sont rencontré en 2007 en France et ont collaboré sur plusieurs projets avant de choisir de se produire en duo. Ils ont notamment travaillé ensemble pour la production du premier album solo de Mar’na intitulé Marovoay, référence à la commune où elle a grandi, dans la province de Mahajanga. Un album chargé d’instruments du terroir comme la mandoline, la valiha (cithare malgache),  le marovoany (cithare sur caisse), le lokanga (cordophone). La jeune femme, qui habite Mayotte, avait fondé en 2004, avec le guitariste Namavao,  un premier duo  fonctionnant déjà sur le schéma guitare-voix. S’ensuivent deux albums d’inspiration très roots, Ty Ndaty et Valovotaka, avec la collaboration du regretté Médicis, à l’accordéon, sur le second.

En 2008, le duo se sépare et Mar’na rejoint Bebohaka, groupe polyphonique féminin d’inspiration antandroy. C’est dire que la musique du Grand Sud lui est familière et que sa collaboration avec Berto, originaire de Tolagnaro (Fort-Dauphin), répond à une forte cohérence. Multi-instrumentiste, dont la mandoline qu’il pratique en véritable maître, ce dernier avait déjà fondé le groupe Seva avant de rejoindre, pour une centaine de concerts à travers l’Europe, la formation Ny Malagasy Orkestra.  « Même si nos références musicales sont différentes, elle le Nord, moi le mangaliba du Sud,  on  parvient à une véritable osmose et cela nous permet de jouer des choses totalement inédites », confie Berto. Le maître mot est authenticité, jusqu’aux instruments qui sont faits maison, comme le katsà, sorte de maracas fabriquées avec une boîte de conserve contenant des grains, ou la kabôsy, guitare rustique à quatre cordes en nylon.

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