ManzerPartazer : Non au gâchis !
30 juin 2016 - AssociationsNo Comment   //   2073 Views   //   N°: 78

Lancé à Madagascar en octobre 2015, le projet « ManzerPartazer » (MangerPartager en créole mauricien) entend lutter contre le gaspillage alimentaire. Un fléau paradoxalement fréquent dans l’un de pays les plus pauvres de la planète. 

Les chiffres concernant le gaspillage alimentaire sont proprement affolants : 1,3 milliard de tonnes de nourritures jetées par an, quand on sait que 795 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde. De quoi donner le tournis ! Initié en décembre 2014 par Julia Venn et Davide Signa à l’île Maurice, le projet ManzerPartazer vise à mettre en place un système de réduction des pertes en matière de nourriture. L’idée leur est venue en assistant quelques mois plus tôt à la conférence mondiale Save Food à Düsseldorf, en Allemagne. Leur méthode : utiliser au mieux les ressources qui sont sur place et surtout connecter les donateurs (supermarchés, restaurants, boulangerie ou autres) qui ont des invendus aux bénéficiaires (orphelinats, associations, ONG). Cette entraide s’exerce tout au long de la route suivie par les partenaires transporteurs pour livrer leur nourriture. Ainsi, et contrairement aux banques alimentaires qui existent dans les pays développés, il n’y a pas lieu de stocker les produits.

En décembre 2015, la Commission de l’océan Indien a manifesté son intérêt pour le projet, ce qui a amené Julia Venn à déménager à Madagascar avec ManzerPartazer dans ses cartons : « Depuis février 2016, nous travaillons avec DHL Madagascar pour le transport des aliments. Pour le moment, seul Shoprite est donateur mais nous sommes toujours à la recherche de partenaires. Les organismes bénéficiaires sont souvent des orphelinats comme Felana Maitso ou Akany Avoko. Le choix s’est fait en raison de leur proximité par rapport aux supermarchés, mais aussi par le fait que la malnutrition provoque chaque année la mort de 3,1 millions d’enfants de moins de 5 ans. »
En cinq jours, 300 kg de nourriture peuvent être partagés, soit l’équivalent de 1200 repas pour les bénéficiaires.

ManzerPartazer bénéficie de l’appui de plusieurs ministères (Population, Commerce et Santé) car il s’agit certes de donner les « restes » mais pas les aliments avariés, souligne Julia Venn : « Il y a une fiche d’évaluation bien précise pour les donateurs, les produits proches de la date d’expiration doivent être retirés au moins un jour avant. Il y a aussi les légumes ou les fruits qui ne sont pas très esthétiques et qui pourtant sont de bonne qualité ». Dans un monde idéal, aucun aliment ne devrait être gaspillé, cette initiative n’est pas sans rappeler Les restos du coeur de Coluche et sa fameuse déclaration : « Je partage en deux, les riches auront de la nourriture et les pauvres de l’appétit »

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