Mai, le joli mois !
4 mai 2015 - FombaNo Comment   //   1705 Views   //   N°: 64

Le mois de mai devrait être le mois de Madagascar. Il y a au moins deux journées internationales qui mettent la Grande Ile au centre du monde. La journée du 11 pour les espèces menacées et la journée du 22 pour la biodiversité. 

Prédestinée île verte, le grand continent insulaire a viré au rouge latérite. L’histoire n’y est pour rien. Sous le roi Andrianampoinimerina, les feux de brousse coûtaient la tête aux coupables, comme l’abattage d’arbre sans l’autorisation royale faisait partie des crimes capitaux. Avec une telle culture, d’aucuns s’étonnent de la mansuétude dont bénéficient actuellement les trafiquants de bois de rose. D’aucuns s’étonnent qu’avec les atouts dont elle dispose, la Grande Ile reste à la traîne du monde. La conclusion saute aux yeux. Le pays qui regorge de richesses naturelles n’a jamais su faire avec. Comme dans tout le quart monde, ce sont les autres qui en profitent et tirent les marrons du feu. 

Madagascar compte, entre mille exemples, la conservation parmi ses valeurs non négociables, mais qu’il brade pour moins que le prix de gros. Lémuriens, tortues ou crocodiles font bon ménage dans la liste 

officielle des espèces sous protection internationale. Et le scandale du bois de rose est si énorme qu’il vaut mieux le passer sous silence pour l’honneur. 

Mais, à Madagascar, il semble que l’on puisse se permettre la gabegie des exceptions pour des raisons d’ordre alimentaire ou pécuniaire. Les temps sont durs et la société de consommation et du paraître est si prodigue en tentations que l’on devient facilement pillard et prédateur pour satisfaire des envies lancinantes. 

Madagascar, c’est un peu comme la Hollande ou la Nouvelle-Zélande. Ces pays-là sont des pays de vaches comme la Grande Ile est le pays des zébus. Un étranger, un Français par exemple, qui débarque, court vers le si goûteux pavé de zébus au poivre vert plutôt que vers un vulgaire steak frites. Zébu fait d’ailleurs du plus haut exotique. Il ne faut peut être pas chercher plus loin pour expliquer la disparition de la moitié du cheptel. Mais, c’est moins par goût du pavé au poivre vert, des grillades ou des ragoûts que par l’appât du gain.

L’éternité de la grande forêt de l’Est faisait partie des vérités premières héritées des Ancêtres, ils ne savaient pas que leurs descendants la transféreraient peu à peu, rondin après rondin, vers la Chine. Le concept si galvaudé de relations gagnant-gagnant agité par les requins du nouvel ordre économique mondial et leurs poissons pilotes, complices intérieurs, n’est qu’une sinistre plaisanterie. 
 

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