Mahajanga au fil des heures
10 mars 2014 - Escales commentaires   //   1788 Views

La capitale du Boeny est synonyme de vacances pour un grand nombre de Tananariviens qui savent qu’elle se vit de différentes manières au long de la journée. Reste aux touristes étrangers à en découvrir également tous les charmes.

Quand la lumière pointe au petit matin et que la chaleur n’a pas eu encore le temps d’accomplir son œuvre, il est bon de flâner le long de la corniche. Les pirogues à voiles traditionnelles quittent la terre ferme. Bientôt, elles sembleront obstruer l’embouchure de la Betsiboka en un ballet dont on ne se lasse pas. Du côté du quai Orange, les denrées s’accumulent. Qu’il s’agisse de celles qui viennent d’être débarquées des majestueuses goélettes ou de celles qui s’apprêtent à voguer vers des rivages lointains. Le port aux boutres présente à longueur d’année une animation qui mérite le détour. Les vendeuses de cocos haranguent les passants. Le va-et-vient des marins est incessant. Quand les vents sont favorables, les boutres déploient leurs voiles. Le spectacle évoque alors Henri de Monfreid, les secrets de la mer Rouge, les trafics en tous genres du « temps des colonies »…

Les marchés doivent également être parcourus. Que l’on soit résident malgache ou touriste découvrant la richesse des fruits de la terre (on recense 46 variétés de mangues dans la région) ou de la mer. Le soleil va bientôt parvenir au zénith et à quelques kilomètres à peine du centre-ville, les plages nous appellent. Elles gardent toutes leur authenticité. Des pêcheurs débarquent parmi les baigneurs quand d’autres tirent leurs filets le long du littoral recouvert, par endroits, de parasols multicolores. À partir de 13 heures, le dimanche principalement, les tables sont prises d’assaut. Des femmes proposent leurs grillades de poissons, crevettes et langoustes.

La fin d’après-midi approche, il est alors grand temps de rejoindre les alentours du vieux baobab, véritable monument emblématique de la ville. En direction de Katsepy et de son phare, les couchers de soleil sont quasiment tous les jours au rendez-vous, de même qu’une foule bigarrée qui déambule sans but, simplement pour jouir de la fraîcheur quelque peu revenue. Les premières senteurs des masikita (brochettes) rappellent que l’heure est venue de se rapprocher des fatapera (fours) et leurs braises ardentes. Sambos et cuisses de poulet ne peuvent rivaliser : les grandes vedettes de la soirée sont ces incomparables petites brochettes de zébus que l’on déguste par dizaines. La musique envahit les rues, la foule se presse partout, l’ambiance tropicale est à son comble.

Il conviendrait que tous ceux qui aiment Mahajanga profitent de leur séjour pour s’offrir au moins une excursion vers les sites touristiques proches. Certains sont connus et appréciés tel le cirque rouge ou le lac sacré de Mangatsa. D’autres méritent d’être découverts : la réserve bio-culturelle d’Antrema, les grottes d’Anjohibe. Un dernier conseil : arrêtez-vous pour visiter le parc national d’Ankarafantsika. Vous le verrez, le Boeny s’apprécie aussi au fil des jours.

Richard Bohan

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