Lova RAKOTONDRABARY
1 mars 2013 - Nature commentaires   //   1929 Views   //   N°: 39

Tirer profit du bois n’est pas incompatible avec une gestion forestière écologique, ajoutant des objectifs sociaux et environnementaux au strict impératif économique. C’est ce que nous explique Lova Rakotondrabary, directrice administrative et financière de Vima Wood Industry.

Vous venez d’organiser une opération de reboisement de 12 000 plants de pins à Moramanga. Pourquoi cette initiative ?

En tant que filiale du groupe Vima (Vision Madagascar) spécialisée depuis 2004 dans l’exploitation forestière et l’industrie du bois, nous sommes titulaires d’une concession de 1 000 hectares de pins à Analamanja, Moramanga, obtenue de la société Fanalamanga.

Ces 12 000 plants de pins ont permis de reboiser une superficie de 10 hectares qui avait été incendiée en 2009. Il faut savoir que les feux représentent la plus grande menace pour la forêt, qu’ils soient d’origine criminelle, accidentelle ou liés à l’activité des hommes, comme le tavy (cultures sur brûlis).

Pour nous qui exploitons systématiquement et à grande échelle ce patrimoine, c’est une façon de rappeler que la préservation de l’environnement est au coeur de nos préoccupations. Cela se traduit par ce que l’on appelle la gestion durable de la forêt.

Que représente le business du bois à l’échelle de Vima Wood Industry ?

Nous produisons 7 500 mètres cubes de pins par an, soit l’équivalent de 30 hectares, et exportons annuellement en produits finis 4 000 mètres cubes de planches traitées, de chevrons, de bois de charpente et de palettes, principalement vers La Réunion, Mayotte, les Seychelles et l’Afrique du Sud. Nous fournissons également en bois de grandes structures locales comme le projet Ambatovy.

Ce volume de bois ponctionné chaque année ne porte pas préjudice à la forêt ni aux hommes qui l’habitent comme l’indique notre certification Forest Stewardship Council (FSC). Cet écolabel obtenu en 2010 après un audit très pointu de GFA Consulting Group, société allemande travaillant sur 130 pays, garantit que les opérations forestières que nous menons sont socialement avantageuses, menées dans une optique environnementale satisfaisante et économiquement viable.

Ainsi, notre activité ne s’exerce nullement au détriment des riverains, bien au contraire : quand nous recrutons, ils sont prioritaires. Nous sommes confiants que l’écolabel FSC nous sera renouvelé après le prochain audit prévu en 2015. Pour 2013, nous comptons également accélérer les démarches pour l’obtention de la norme ISO.

Comment cela se traduit-il en ce qui concerne la pérennité de la forêt ?

Nous apportons le plus grand soin à la régénération naturelle des arbres, donc à la parfaite conservation de l’écosystème, dans l’optique précisément de ne pas faire de trous dans le tissu forestier. Avec les techniques actuelles, une pépinière plantée est exploitable au bout de 25 mois.

Entre-temps, nous faisons appel à 80 agents forestiers qui assurent en permanence la surveillance et l’entretien des plants de pins reboisés. Notre plan d’aménagement lui aussi aux normes internationales est la garantie que la forêt ne disparaîtra pas au cours de ce siècle. Sauf s’il y a catastrophe naturelle comme le cyclone Giovanna de février 2012 qui avait détruit une grande partie de notre domaine forestier.

Propos recueillis par #SolofoRanaivo

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