Lova Mpagnesa : Nord, Sud, Sud-Est
5 janvier 2016 - Cultures Music Musiques commentaires   //   1432 Views   //   N°: 72

Après plusieurs années à tourner en Europe, Lova Mpagnesa est revenu prendre en octobre dernier la température du pays. L’occasion pour le public malgache de découvrir ou redécouvrir l’un des plus grands guitaristes du moment, au folk terrien mûri aux rythmes du Sud-Est. 

« J’ai commencé à l’âge de douze ans. Le choix n’a pas été délibéré, disons que dans mon quartier d’Ampefiloha, où j’ai grandi, j’étais plus entouré de guitaristes que d’autres instrumentistes. La guitare est l’instrument le plus accessible à Tana, ceci expliquant cela. » La parole est mesurée mais dense et précise, un peu comme sa musique. A 29 ans, Beaucoup voient en lui la relève du grand guitariste D’Gary, même si lui-même, par humilité ou par manque de goût pour les classements, recule devant la comparaison : d’ailleurs il ne pratique pas l’open tuning (technique de l’accord ouvert) dont le grand maître Bara est l’un des spécialistes ! Toutefois, comme D’Gary, sa carrière a su prendre une tournure plus internationale que malgache ces dernières années, tournant depuis six ans avec le guitariste français Christian Mansour, du groupe Mansour et Sunugaal : un spécialiste de la musique africaine, capable de chanter en wolof. … world quand tu nous tiens !

De passage au pays, Lova Mpagnesa a donné en octobre dernier un impressionnant concert au CGM d’Analakely. Il a choisi de l’intituler Du Nord au Sud, comme une synthèse de son parcours. C’était l’occasion pour lui de retrouver ses complices de toujours : le batteur Miora Rabarisoa, le bassiste Dyl Mandresy et le percussionniste Gala. Des sons inspirés par la musique traditionnelle du Sud-Est : encore un point commun avec D’Gary, mais pas exclusivement ! « Je suis tout aussi influencé par Teta, Miary Lepiera ou Njava. Ils m’ont apporté cette couleur malgache qui imprègne mes sonorités depuis une quinzaine d’années. »

Il aime à fusionner les rythmes, ce qui fait que son folk est bien souvent empreint de jazz ou de classique. « J’ai acquis des notions de guitare classique, ce qui m’a fait un excellent tremplin vers le jazz. » Un métissage qui l’a mené tout naturellement à son complice Christian Mansour. « Il était luthier dans un magasin de guitare. J’y passais pour jouer un peu et il a reconnu mon style malgache, ce qui m’a étonné. Mais lui-même connaît très bien les rythmes africains étant marié à une Sénégalaise. »

Fort de toute cette expérience, Lova Mpagnesa est en train de composer son premier album dont la sortie est prévue pour cette année. Son titre : Du Nord au Sud, évidemment. « Je privilégie les thèmes simples, basés sur les émotions, l’amour, l’amitié, la famille, la terre. Les paysans ont une certaine humilité dans l’approche de la vie, et c’est bien ainsi que je conçois ma musique. » Et c’est ainsi que Lova Mpagnesa creuse son sillon.

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