L’horloge du désir
1 mai 2013 - Fananahana commentaires   //   1368 Views   //   N°: 40

À quelle heure sonne l’horloge du désir ? Chaque mois, Christian Berthelot, psychothérapeute et sexothérapeute, aborde sans tabous ni ornières un sujet lié à la sexualité et au bienêtre du couple. N’hésitez à lui poser vos questions…

Faites-vous l’amour plutôt le matin ou le soir ? Les plus vantards vont affirmer : matin, midi et soir ! Les avis sont partagés entre les femmes et les hommes… Savez-vous que les humains sont de véritables « usines » chimiques, voire alchimiques ? Ce sont nos rythmes biologiques qui vont réguler notre sexualité au féminin comme au masculin, mais nous ne sommes pas fabriqués dans le même moule et cela risque d’entraîner quelques dissensions…

Au réveil, pour les deux sexes, notre taux d’adrénaline et de cortisol augmente. Ces hormones sont secrétées en vue d’une activité physique : se réveiller, se préparer à une bonne journée. Ce sont aussi les hormones du stress. Chez l’homme, cet état s’accompagne d’une élévation de 30 % du taux de testostérone, une autre hormone qui agit sur le désir sexuel, le plus souvent entre 6 heures et 10 heures du matin.

Une érection en est la conséquence directe. Les hommes ont entre trois et cinq érections pendant leur sommeil paradoxal. Celleci débute dans l’inconscient du sommeil et se poursuit quand ils se réveillent. Tout naturellement, ils vont préférer le matin ! Pour les femmes, les choses sont différentes : elles ont besoin d’être relaxées. Ce n’est que lorsque leur système neurovégétatif affiche le plus grand calme, que les enfants sont couchés, les dossiers professionnels fermés, les tâches ménagères bouclées, que le désir vient leur rendre visite.

C’est donc, pour elles, le soir qu’il sera à son apogée. Fort heureusement, un créneau horaire propice aux ébats amoureux pour les deux partenaires se situerait entre 20 et 23 heures. La température corporelle chute, les rythmes se ralentissent, une sorte de langueur nous envahit.

La nuit, elle aussi, favorise l’éclosion du désir, et ce pour chacun des sexes. Alors pourquoi ne pas y succomber ? D’autant plus que l’orgasme et l’état de profonde relaxation qui lui succède sont un prélude à une bonne et douce nuit ! En revanche, la relation sexuelle a tendance à stimuler les femmes qui restent réceptives aux caresses et à la conversation après l’amour alors qu’elle endort rapidement les hommes tout gorgés qu’ils sont d’endorphine, l’hormone du plaisir ! Les femmes aussi, mais à des degrés moindres. Nous pouvons aussi accorder les violons du désir lors du fameux « 5 à 7 », l’heure des amants (voir no comment® n° 38).

Lorsque la digestion est terminée, l’apport calorique est disponible, on est au maximum de son pic énergétique. Par conséquent, nous disposons d’un tonus musculaire et de capacités respiratoires à leur zénith. La fatigue s’envole et le corps demande à exulter. Par ailleurs, la sérotonine (l’hormone du bonheur) est également sécrétée en masse. Plusieurs bonnes raisons, donc, pour profiter de ce moment de la journée. En revanche, la « sieste crapuleuse » est une invention littéraire.

Quel que soit le menu du midi, nous tombons dans un creux circadien, propice à la sieste, certes, ou plutôt à la somnolence. Là encore, il est primordial de dialoguer pour que le couple s’enrichisse, se construise, s’offre l’un à l’autre des moments privilégiés… Sachez varier les moments de plaisir !

Par Christian Berthelot

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