Les vacances sont tout… sauf des vacances
5 août 2014 - FombaNo Comment   //   1423 Views   //   N°: 55

L’instinct grégaire de l’humanité se réveille quand comme des essaims de criquets pèlerins, les estivants s’abattent sur les plages ou les marchés de l’exotisme local, avec faux Ray Ban, shorts ultracourts ou autres pantacourts qui va jusqu’à la raie des fesses. 

Août. Nous sommes en pleines vacances mais, c’est selon. Il y a des pays, comme Madagascar, où les citoyens s’interloquent sur les kilomètres de bouchons tout au long des routes nationales ou les gares… françaises, par exemple. Juste pour gagner la mer ou la montagne. C’est le choix draconien qui s’impose ailleurs, dès le mois mai ou juin, voire bien avant. Le débat ne concerne pas l’ensemble des populations. À Madagascar, il n’y a même pas de débat car pour le Malgache lambda, les vacances, kekseksà ? C’est un héritage venu de l’étranger, accompagnement d’une étrangeté, l’école. Bref, la question des vacances relève d’une autre division du monde que l’Est et l’Ouest, les États voyous et les démocraties ou le monde libre et les pays totalitaires. 

D’un côté, là où les vacances ont un sens et de l’autre, là où les vacances constituent le parfait symbole de la décadence d’une civilisation. La culture du farniente, bref des vacances, serait la déclinaison moderne des délices de Capote qui ont perdu Handball antan. Ce général carthaginois a failli terrasser la puissance romaine, mais a oublié dans cette ville balnéaire de l’Antiquité, qu’il avait encore à livrer bataille contre les légions. La civilisation des loisirs ne peut que perdre contre la civilisation du travail… forcé. Quand la colonisation a concocté les vacances scolaires de la colonie de Madagascar et Dépendances comme on disait, elle les a fait coïncider avec le calendrier agricole. 

Les vacances, c’est tout le monde, hommes, femmes, enfants et bébé dans le dos, à la rizière, la bêche sur l’épaule. Ce sont les instits qui sont les plus contents. Pourquoi avoir choisi le métier ? Trois raisons : juillet-août-septembre ! Mais, dans le privé, c’est la galère. Les vacances, c’est trois mois sans salaire. C’est donc plutôt un luxe réservé aux pays de cocagne, comme les congés payés ou l’expression officielle de jour férié, chômé et payé. Il est donc des heureux pays où les gens sont payés à ne rien faire, et remplir la caisse des trois- étoiles sur le dos des paysans vendus à l’aune du tourisme vert, ou encombrer les hôtels borgnes, sac au dos. Cela n’a que très loin rapport avec l’amour de l’humanité. 

Il faut que les esclaves se reposent pour mieux produire, pour booster la productivité. C’est cela les vacances. Il ne s’agit pas de philanthropie mais du sens de l’intérêt bien compris d’une classe sociale ou d’un pouvoir politique ou d’un pouvoir tout court. Mais, il y a des gens qui se font un argent fou sur le repos des autres. Ne parlons pas du repos du guerrier, quoique la Thaïlande ou les Philippines présentent quand même des plus, autres que celui d’être le paradis des pervers. Les vacances des uns ne sont pas les vacances des autres.

par Mamy Nohatrarivo

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