Les fantômes du front de mer
17 février 2012 - Escales Escales commentaires   //   848 Views   //   N°: 25

Alors que Toamasina est en voie de se doter d’une esplanade appelée à transformer la physionomie du front de mer, d’étranges témoins du passé n’en finissent pas de s’étioler aux vents marins… 

La légende veut que le nom de Toamasina ait été donné par le roi Radama Ier qui, goûtant pour la première fois ici de l’eau de mer, se serait écrié : « Toa masina ! » (comme c’est salé). C’est dire qu’entre la ville de Saint Thomas (nom donné par les Portugais au XVIe siècle) et le sel, c’est une histoire ancienne. Plus ancienne en fait que ces bâtisses à l’architecture coloniale qui n’en finissent pas de se dissoudre le long du front de mer. Rongées par les vents marins, dépiautées par les embruns, leurs façades ocre, perdues au milieu des palmiers, jettent comme un halo funèbre dans le paysage. Certaines sont à l’abandon depuis des lustres. C’est à peine si les plus anciens du quartier se souviennent de les avoir connues habitées. Notables du passé, riches commerçants d’un autre siècle, dont les fantômes semblent errer au milieu des décombres. Un lieu plein de nostalgie mais néanmoins appelé à connaître une seconde vie avec le grand projet d’embellissement du front de mer qui a commencé en 2011. 

À hauteur du quai des Mouettes, l’aménagement d’une esplanade pavée est en effet en cours de réalisation le long de la plage sur le modèle de Mahajanga. L’association Mada Event, promotrice du projet, en coopération avec Armada, entend ainsi développer l’atout touristique de la ville avec l’installation de bancs en béton tout le long de la promenade, d’un parc pour enfants, d’une buvette et de pavillons dédiés à l’artisanat local. Un chantier qui devrait durer deux ans et demi. Le temps pour ces vieilles bâtisses de se dissoudre un peu plus. À moins qu’un projet de réhabilitation ne surgisse miraculeusement d’ici là ?

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