Les chauds lapins en fête
12 mars 2014 - FombaNo Comment   //   1155 Views

Quand vient la Saint-Valentin, méfie-toi des petits lapins. Surtout quand ils sont chauds. Le dicton tombe à pic cette année. Pour 2014, la fête des Amoureux tombe en effet un vendredi. Le plus joli des vendredis « jolis »

Cela promet un long week-end plein de chaleur pour ne pas dire d’amour torride. Il est vrai que, normalement, disons bien : normalement, la Saint-Valentin n’est pas de nature à inquiéter les parents. La Saint-Valentin évoque plus l’adolescence que le lupanar. On le sait, mais l’amour trompe énormément, surtout à cet âge-là. Qui diable a inventé la Saint- Valentin ? N’incriminons pas trop l’Église. La Saint-Valentin n’a que des rapports lointains avec les discothèques (sirop grenadine mais pas de bière ni de cannabis), le lèche-vitrines, la main dans la main, les gentils SMS et tweets.

Tout cela vaut son pesant d’or pour les ados et leur argent de poche. C’est la configuration soft de la Saint-Valentin, jour dédié à l’amour adolescent. Les adultes n’ont rien à voir dans l’affaire, sauf par extension coupable. Les turpitudes du marketing et du m’as-tu-visme snobinard ont dénaturé l’innocence des premiers âges. Aux petits bouquets de fleurs des champs sont venus s’ajouter les lingeries fines et le reste. Il est vrai que l’amour n’a pas d’âge, mais les souvenirs des « premières fois » suppléent toujours aux ravages du temps. Le pluriel est de rigueur, car il y a tant de « premières fois » que chacun peut en faire provision pour une éternité de vie…

L’amour est éternel. C’est une longue évolution de millions ou de dizaines de milliers d’années avant d’arriver au A majuscule. Entre les hurlements d’un gorille en rut ou d’une tigresse en chaleur et le minuscule paquet cadeau plein d’amour, il y a toute une marge qui continue de faire le bonheur des Darwin ou des Freud et consorts ou apparentés de la planète historique, anthropologique, sociologique, psychanalytique, technologique, commerciale, on en passe et des meilleurs. Lucy, 40 000 ans, née en Éthiopie et vedette de l’archéologie en 1974 avait-elle un amoureux ? Il y a deux ou trois millions d’années, les jeunes Néandertal ou Cro-Magnon se contaient-ils fleurette ? En 1597, l’histoire d’une Juliette éthérée qui soupire après son Roméo, vers l’an 1000, d’une Héloïse qui s’accroche à son Abélard même devenu… eunuque, ferait rire nos actuels boys et girls friends adeptes du french kiss, voire plus si affinités.

Il y a amour et amour, il en est même de tarifé, car c’est parfois le seul antidote à la maladie mortelle de notre siècle, la solitude. « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé », disait l’autre. Alors, tout le monde se rattrape comme il peut. Dans les amours éphémères pour accélérer le bienfaisant oubli, ou le mariage même si c’est un « enfer qui se vit à deux », dirait un autre.

Mamy Nohatrarivo

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