Les cadeaux de l’empire Noël
30 décembre 2012 - Cultures FombaNo Comment   //   1338 Views   //   N°: 35

Bientôt Noël, puis la Saint Sylvestre.
Certes, il n’y a pas meilleure coutume pour humaniser les hommes que d’inculquer la culture du cadeau.
Un cadeau est une preuve d’amour.
On donne sans rien attendre en retour et cela peut même se sublimer en don de soi.
Mais, pendant les semaines avant ces jours J, les pères de famille ne seront pas à la fête, les mères non plus d’ailleurs. 

Quatre dimanches avant Noël, qui attend et s’y prépare vraiment ? Les parents, pour le budget, et les enfants, pour leurs rêves de cadeaux.
Car aimer coûte.
Cela va d’un petit bisou par mobile interposé à une rivière de diamants et plus, si affinités comme le promettent les petites annonces spécialisées.

Pour Noël, l’Église, toujours prévoyante et qui s’y connaît en hommes (et femmes), a inséré les quatre dimanches de l’Avent dans son calendrier pour que ses ouailles réussissent une fête majeure sans mauvaises surprises.
La période de l’Avent leur permet, certes, de préparer leurs âmes et consciences, mais aussi et par ricochet, d’établir leurs budgets respectifs.  

Il est d’ailleurs temps.
Ce n’est pas le salaire de décembre qui assure, mais celui de ce mois novembre.
Par ailleurs, les sociétés ou l’administration ne distribuent primes, jouets, poulets, huile et sachets de riz de rigueur qu’à l’extrême limite.
Il ne faut pas non plus compter sur les copains et les proches pour un petit coup de main.
Tout le monde est logé à la même enseigne.
Bref, il ne faut donc espérer qu’en un Père Noël arrivé bien en avance.

Encore faut-il y croire ? Au premier âge, on y croit. Au second, il est trop tard.
On n’y croit plus et la magie de Noël n’opère plus.
Tout le monde a peu ou prou goûté aux affres du troisième âge.
Il a été, le père Noël, une fonction qui coûte les yeux de la tête.
On ne se repose qu’arrivé au quatrième âge.
On ressemble au Père Noël, mais sans en avoir les revenus.
Il faut être immensément riche pour satisfaire les rêves de toute l’humanité.

Le titulaire possède des usines et des entrepôts jusqu’en Chine populaire.
Avant même le premier dimanche de décembre, les prémices commencent en effet à s’annoncer dans les rues et les magasins.
Les jouets de Père Noël débarquent peu à peu depuis le pays des communistes.
C’est une des surprises du XXIe siècle.
Le pays de Confucius, puis de l’athéisme institutionnalisé, celui de Mao Tse Toung en somme, a pris le relais de l’Occident chrétien et engrange les profits des opportunités offertes par une fête essentiellement religieuse.
Une formidable opération de marketing étend l’Empire Noël jusque chez les musulmans, les bouddhistes, les shintoïstes ou les animistes, etc.

Quelquefois, on s’interroge alors sur les fondamentaux.
Comment est-on passé de l’encens, de la myrrhe et de l’or des rois Mages aux folies de la société de consommation, au champagne et au boudin blanc ? Comment l’anniversaire d’un garçon né dans une étable a pu gagner les palais et conquérir le monde ?

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