Komoriano
15 novembre 2014 - Comores commentaires   //   2235 Views   //   N°: 58

Comores and more: Le reggaeman des Comores

Véritable star aux Comores où son répertoire engagé le rapproche des Marley et des Peter Tosh, Youssouf Mouaaïni dit Komoriano est encore un parfait inconnu chez nous. Venu ici pour poursuivre ses études, il ne désespère pas de sortir bientôt son album 100 % reggae comorien…

 

Agé de 24 ans, Youssouf Mouaaïni est un jeune reggaeman issu d’Iroungoudjani, un quartier populaire du centre ville de Moroni, la capitale de l’archipel des Comores. Né dans une famille plutôt aisée, il a grandi dans un environnement propice à développer ses dons pour la musique, malgré les réticences de son paternel qui aurait aimé le voir embrasser une carrière plus classique. Heureusement, il a pour frère aîné un certain  Chukee Mista Ris, un  rappeur  très connu de la Grande Comore, lequel va très tôt le prendre en main.

A 14 ans, il fait déjà de la scène et fonde dans la foulée le groupe comorien 9.13 Crew qui oscille entre rap et ragga : des titres comme  Mamzell ou Tsandza le font connaître des amateurs à la fin des années 2000. Mais assez vite le petit prodige va virer sa cutie pour  se spécialiser dans le reggae pur jus. Un genre très populaire aux Comores avec ces  poids lourds que sont  Moustoifa Idaroussi,  Nassadjah ou encore Hass Mosa et son reggae tribal, mélange subtil de reggae-pop et de rythmes comoriens traditionnels.

Sous son pseudo de Komoriano (le Comorien),  Mouaaïni commence a se produire dans les foyers culturels de Moroni, comme l’Alliance franco-comorienne et Alcamar,  avant de multiplier les concerts dans les moindres villes et villages de l’archipel.  Très engagé dans ses textes, il sait remuer son public à la façon d’un Marley ou d’un Peter Tosh, et ses deux premiers clips en 2004 Révolution et Ribaliya Style (On a inventé un nouveau style) font un véritable carton aux Comores.

Malgré ces débuts plus que prometteurs, Mouaaïni décide en 2011 de faire un break avec les Comores. Et pour cause, il est amené à poursuivre ses études de Droit à Madagascar ! Un pays où il est totalement inconnu comme artiste, même s’il ne désespère un jour  de s’y faire un nom, comme il a su le faire dans son propre pays avec beaucoup de travail et d’opiniâtreté. « A Madagascar, produire un album est moins coûteux qu’aux Comores, mais un étranger a vraiment peu de chance de percer ici, il faut l’admettre… » Du coup Mouaaïni met les bouchées doubles, notamment  en ralliant les  rappeurs malgaches de la nouvelle génération (Doubl’enn ou Ngamatoa).  Son objectif, sortir très vite son premier album en territoire malgache. Les chansons sont déjà écrites et son producteur Bill Studio à  Antsakaviro déjà dans les starting-blocks.  Ne reste plus qu’à trouver un généreux sponsor…

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