Kitesurf à Babaomby
23 octobre 2012 - Escales commentaires   //   1190 Views   //   N°: 33

De tous les sports qui donnent des ailes, c’est l’un des plus en vogue aujourd’hui. Il s’agit du kitesurf, bien sûr, dont Madagascar recèle l’un des meilleurs spots du monde. Direction la presqu’île de Babaomby où Nicolas Martin se charge de vous envoyer en l’air.

C’est devenu, pour les sports nautiques de traction, l’un des spots les plus recherchés de la région. Français, Suisses, Allemands, Kenyans, Sud-Africains, Américains, Australiens, Néo-Zélandais… tout ce que la planète compte de fanas de planche à voile (windsurf) et de planche aérotractée (kitesurf) se retrouve chaque année sur la presqu’île de Babaomby, au large de Diego Suarez (accessible par bateau depuis Ramena), pour s’envoyer en l’air.

Car ici, en plus du lagon bleu turquoise d’une splendeur toute polynésienne, les conditions climatiques sont optimales. « À cause du varatraza qui souffle d’avril à fin novembre, c’est un des meilleurs spots au monde en terme de vent », assure Nicolas Martin, créateur du Babaomby Island Lodge et initiateur du circuit de planche à voile Windsurf Challenge.

Exclusivement orienté windsurf au départ, il décide d’adjoindre des cerfs-volants (kites) à ses planches, quand F-One, le leader français de matériel de kitesurf, choisit Babaomby en 2008 pour le shooting photo de son catalogue. Excellente intuition, car ce sport hybride mêlant cerf-volant (kite) et planche légère (surf) est en plein développement, malgré son apparition tardive dans les années 80.

Depuis, ce sont des kitesurfeurs (on dit aussi aéroplanchistes) de plus de 50 nationalités qui fréquentent le Babaomby Island Lodge où il est loisible, porté par le vent, d’exécuter des figures de champions face à la mer d’Émeraude, la bien nommée.

« La plupart viennent sans matériel, car c’est encombrant, mais ici ils peuvent louer », explique Nicolas Martin qui dispose pour les recevoir d’un camp de neuf bungalows démontables : grandes tentes africaines sur pilotis avec toit en falafa, l’aventure quoi ! Le kitesurf procure tout un éventail de sensations en relation directe avec le style que l’on pratique.

Cela va du freeride, qui ne cherche pas la performance mais seulement le plaisir d’aller au gré du vent, avec son prolongement camping, le kite-bivouac, jusqu’au freestyle et wakestyle nettement plus acrobatiques. Contrairement au windsurf, il suffit d’un peu de vent pour faire du kite : à partir de 10 à 15 noeuds, mais évidemment ce n’est pas comme ça qu’on risque de battre le record de vitesse établi à 54,10 noeuds (100,19 km/h) depuis 2010 !

« On peut commencer à 12 ans, sans limite d’âge ensuite : j’ai même vu des octogénaires faire des carvings (sauts) d’enfer avec leur kite », confie Nicolas Martin. Pour autant, le pilotage nécessite une solide formation en amont : au moins quatre ou cinq jours pour un débutant avant d’espérer être autonome.

En effet, le cerf-volant (appelé aile) dégage une certaine puissance qu’il faut savoir contrôler si l’on ne veut pas se faire catapulter. « Le réflexe est de se cramponner à la barre, mais du coup on risque de s’envoler ; en fait si ça tire trop, il faut lâcher. »

Toutes ces consignes, et bien d’autres encore, sont dispensées au lodge par deux moniteurs, l’un de Diego, l’autre de Ramena. « Ils ont gravi tous les échelons et ont récemment passé leur diplôme d’assistants moniteurs IKO (International Kiteboarding Organization) et devraient passer titulaires l’an prochain », se félicite Nicolas Martin. Et ça, ce n’est pas du vent…

#JoroAndrianasolo
Photos : Gilles Calvet et Eric Boyaval

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