Kamira : Éthique et toc !
26 décembre 2012 - La mode Styliste commentaires   //   1477 Views   //   N°: 35

Instaurer la mode éthique, repenser les savoir-faire et les matières locales, c’est le défi de Karine Rabarijohn. Styliste depuis 2004, elle propose d’autres valeurs à la créativité malgache en imposant le chic 100 % bio aux belles élégantes. Sans voir tout en vert… 

La création, elle l’a dans la peau depuis toute petite. Avec un papa styliste qui lui apprend très tôt les ficelles du métier, le contraire eut été étonnant !

À 27 ans, Karine Rabarijohn est ainsi une femme d’affaires très avertie, en même temps qu’une jeune créatrice soucieuse de l’avenir des matières locales. Sa force de frappe : une boutique, deux ateliers de confection et de prêt-à-porter, de nombreux défilés depuis 2004, une association des créateurs de mode, et sa marque Kamira, très en faveur dans les milieux chic et branchés. Or c’est cette même Karine qui entend aujourd’hui se lancer dans le bio gasy et le commerce équitable. « À Mada, on manque cruellement d’informations sur la mode éthique, je me suis pratiquement formée toute seule. J’ai également suivi des formations en design et en commerce équitable avec la Chambre de commerce pour savoir où je mettais les pieds », explique la jeune femme.

Depuis, elle développe le coup de ciseaux éthique et une nette propension à remettre au goût du jour les matières locales : soie, coton et lin malgaches. « Il faut un peu plus se creuser la tête, parce que la soie malgache est un peu difficile à travailler. Mais c’est ça aussi le challenge », estime-t-elle. Toutes ses créations sont 100 % bio, rien de chimique façon « machins de synthèse importés » n’entache la chaîne de fabrication, même si elle reconnaît que « c’est un peu compliqué d’obtenir le label bio au niveau de l’administration ».

Son ambition : concurrencer le prêt-à-porter made in China par des produits du « terroir » largement à la hauteur en termes de prix et de qualité. Et pourquoi pas créer un salon du bio qui regrouperait tous les professionnels de la filière « beauté », des accessoiristes aux diffuseurs de cosmétiques ? « Pour moi, un défilé ne tourne pas uniquement autour du vêtement, mais sur tout ce que porte le mannequin, des accessoires au maquillage. »

Tout cela devrait permettre très bientôt le lancement d’une ligne de produits bio sous le label Kamira. « Pour le moment, je ne recherche pas la quantité. Je vise plus la qualité, en démontrant qu’on peut être dans des matières locales et être complètement dans la tendance. » Cible visée : la femme active et complètement consciente des enjeux de son époque. Après les fashionistas, les bio-nanas ?

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