Kamal Taleb : Six cordes à son arc
5 mai 2015 - Comores Diaspora commentaires   //   1995 Views   //   N°: 64

Virtuose de la six cordes ou plus, il a fait sensation en avril dernier au Festival de la guitare de Madagascar, en se produisant aux côtés des plus grands noms. L’étudiant comorien plutôt réservé s’est transformé en une véritable bête de scène. Une étoile est née, une de plus dans la constellation comorienne. 

Natif de la ville d’Itsandra au centre de la Grande Comore, Kemal Taleb (Ahmed Ali Kemal de son vrai nom) réside à Tananarive depuis 2008. Passionné de musique depuis toujours, il a grandi dans un environnement propice à développer ses dons de guitariste.

En effet, son village d’origine se situe à proximité d’Itsandra Beach, une des plus belles plages de la Grande Comore attirant les touristes des quatre coins du monde. Et forcément les concerts improvisés sont fréquents là-bas, surtout le soir et pendant les week-ends. C’est ainsi que le jeune Ahmed va s’initier très tôt aux rythmes tropicaux et africains. Son goût pour la musique occidentale lui vient plutôt de son père et de son oncle. « Dans la voiture de mon père, il y avait toujours de la musique afro-américaine, je crois que c’est ce qui m’a donné envie de devenir musicien. » Quant à la guitare proprement dite, nul doute que l’influence de Maalesh, le grand guitariste des Comores (Prix Musiques de l’océan Indien en 2007), a été totale sur lui.

Arrivé à Tananarive en 2008 pour ses études, Kamal Taleb choisit la filière bâtiment et travaux publics, rien à voir avec la six cordes ! Ce qui ne l’empêche pas de s’inscrire au Centre germano-malgache (CGM) d’Analakely pour suivre des cours de son instrument de prédilection. Encadré par Lova Ramaefason, un des meilleurs guitaristes jazz de la capitale, le jeune homme prend de l’assurance et passe une audition au CGM qui l’amènera à participer à la deuxième édition du Festival de la guitare de Madagascar qui s’est tenu du 11 au 19 avril dernier. Pour un coup d’essai, c’est un vrai coup de maître ! S’il est plutôt orienté jazz, Kamal Taleb ne s’interdit pas quelques incursions bien senties dans le blues et le rock, influencé notamment par le guitariste américain Joe Bonamassa.

Aux Comores, il a déjà eu l’occasion de jouer au sein de l’Alliance francocomorienne de Moroni en compagnie de Joan Minor, un groupe de jazz américain qui se trouvait en tournée dans l’archipel après son passage au festival Madajazzcar de l’année dernière. D’avoir côtoyé au Festival de la guitare des musiciens du calibre de Carlos Del Rio, Alberto Carrion et Manuel de la Luz, lui a donné des ailes. Dès son retour aux Comores il se promet de monter sa propre formation afin de promouvoir le jazz dans son pays.

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