K-raille : Princesse roots
1 avril 2015 - Cultures Music Musiques commentaires   //   2738 Views   //   N°: 63

Présente aux côtés de rappeurs locaux, c’est pourtant dans un registre plus roots et empreint de jazz que K-raille évolue. Une identité assumée pour celle qui veut partager sa musique à ceux qui veulent bien l’écouter. 

Une voix rauque et groovy, des textes engagés, des mélodies accrocheuses. K-raille, de son vrai nom Andriamizakatsara Navalona, s’affirme dans un registre roots, un univers plutôt masculin si l’on y regarde bien. Tout juste âgée de 19 ans, elle trouve dans la musique le moyen de s’exprimer plus facilement et librement. « J’ai du mal à dire ce que je pense.

Quand je chante, ça passe mieux. » Passées ses années « rebelles » où elle ne faisait que du rap, le belle s’est assagie et se tourne vers des rythmes plus posés. « Le rap m’a poussé à écrire et à composer. Mais avec le roots, je me sens apaisée. » Née d’un père chanteur et d’une mère poétesse, K-raille n’a pas de mal à trouver ses mots pour calmer ses maux.

Ses morceaux expriment à la fois ses émotions et ses convictions, certaines héritées du rastafarisme. Dans Bainfo, par exemple, elle s’en prend, aux machos sur un mode ironique, tandis que Rien qu’un espoir est « juste le genre de chanson qui remonte le moral ». Bref, un univers familier exprimé avec une grande sensibilité. Sa rencontre avec Luna, son manager depuis 2014, lui permet de se produire très souvent sur les scènes de la capitale et de rencontrer d’autres artistes évoluant principalement dans le hip hop. Ce qui n’empêche pas K-raille d’imposer sa « rootitude ».

Elle collabore notamment avec des beatmakers locaux, autrement dit des artistes qui composent des musiques en utilisant des samples, pour pouvoir poser ses textes. Comme Rajdy, son « frère de coeur ». « Il créé mes instru’, il sait parfaitement ce que je veux. Parfois, je télécharge des riddims sur Internet ou bien je vais en studio pour expérimenter des sons. Quand je trouve quelque chose qui a une résonnance avec ce que j’ai dans la tête, alors je fonce. » Parmi ses influences, elle cite aussi bien Ayo, Taïro, Lalatiana que Lalao Rabeson. Des univers qui lui ressemblent, tantôt énergiques, tantôt mélancoliques. Un maxi est attendu cette année. 

COMMENTAIRES
Identifiez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.
Fermer