Joanne Radao : « Coup de Chapô à mon pays d’origine ! »
12 juillet 2018 - CulturesNo Comment   //   2107 Views   //   N°: 102

La pop intimiste de Joanne Radao a fait parler d’elle dans l’émission « Alcaline » de France 2 en juin dernier. Son projet musical « Mora Mora » et son premier titre « Goldpaint », sous son label Chapô, ont atteint les 10 000 vues en à peine un mois depuis sa sortie en avril.

© Photo : Arthur Parizot

Parles-nous de ton projet « Mora Mora »…
Il y a deux ans, j’ai eu un grave accident. Tout s’est effondré autour de moi et la douleur m’a paralysée. Il faut du temps pour guérir les blessures du corps mais encore plus pour soigner les plaies du cœur. J’ai donc écrit et composé pour me relever et me reconstruire. Le nom Mora Mora (Doucement) est un clin d’œil à mon identité malgache où j’aborde la guérison au sens large et le fait de grandir pour devenir une femme. Cela a vraiment été difficile de puiser dans mes ressources les plus intimes mais la première étape a été franchie avec la sortie de mon premier clip Goldpaint (Peinture dorée) en avril. Il nous a fallu près de deux ans avec Vincent Charpin (batterie et programmation), Jérôme Jouannard (ingénieur son), Tim Petter (trompette) et Thomas Bernardini (basse) pour concocter ce projet. Il faut du temps pour qu’un projet arrive à maturation.

Que raconte « Goldpaint » ?
Je suis une artiste franco-malgache, qui est née et vit en France. En juillet 2017, nous sommes rentrés à Madagascar pour assister à l’exhumation de mon grand-père. Ce retour aux sources m’a permis de réaliser qu’une partie de moi appartient bel et bien à cette terre, celle de mes ancêtres. Depuis, j’y retourne régulièrement. L’exhumation, bien qu’on parle de mort, n’a rien de glauque. Au contraire, Goldpaint parle de cette cérémonie comme une festivité pour gérer et accepter le deuil. J’y évoque les danses exaltées et le roulement des tambours pour partager et dépasser les peines. Côté musical, je qualifie notre genre de pop intimiste, portée par des histoires personnelles et une voix suave. Ma pop croise instruments acoustiques (trompette, guitares, cordes) et électroniques (sampling, beatmaking, bruitages). Je suis très inspirée par le groupe anglais Alt-J qui intègre de la poésie et du lyrisme dans sa musique. A chaque fois que je l’écoute, je suis transportée dans leur univers.

Le déclic pour la musique ?
J’ai appris ce langage très tôt puisque mes parents, de sacrés mélomanes, m’ont inscrite au conservatoire dès l’âge de 4 ans. J’ai fait du piano à 7 ans. Mon cousin Sky Mike, aujourd’hui ingénieur son et producteur à New York, a été la première personne avec qui j’ai travaillé à 15 ans. En 2016, j’ai créé Chapô, une boîte de production dont la première réalisation est Mora Mora. Pourquoi le nom Chapô? Eh bien, en journalisme, le chapô est le texte qui donne le ton à l’article et invite le lecteur à plonger dans l’univers traité. Je trouvais cela drôle pour une boîte qui défend justement la création artistique.

La suite de l’aventure ?
Le premier EP composé de cinq titres de Mora Mora sortira en septembre prochain. En attendant, nous travaillons la promotion du projet sur les principales plateformes de streaming (itunes, spotify, youtube, etc.). Je prévois des concerts en France, en Europe et bien sûr à Madagascar. Coup de Chapô à mon pays d’origine !

Propos recueillis par #PriscaRananjarison

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