Jiulambup’s : Oups, les méchants !
1 mars 2016 - Cultures Music Musiques commentaires   //   3458 Views   //   N°: 74

La scène rap malgache a beaucoup changé depuis ses débuts dans les années quatre-vingt-dix. Ce qui frappe le plus aujourd’hui c’est la profusion de nouveaux artistes qui tentent de s’imposer. Beaucoup passent inaperçus ; quelques-uns, comme le groupe Jiol’Ambup’s, parviennent tout de même à tirer leur épingle du jeu. Yo ! 

Un ton ferme et des textes tranchants, voilà comment on peut caractériser le style des Jiol’Ambup’s. Leur musique ? Un mélange allant du dirty south à l’afrobeat en passant par le dancehall. « On essaye d’atteindre le plus large public en diversifiant notre répertoire », dégaine Gun, le leader du groupe. Fondé en 2011, Jiol’Ambup’s est le fruit de la fusion de plusieurs groupes de rap du quartier d’Ambohipo. Son nom est la contraction de jiolahy (voyous) et Ambohipo. Ses membres, Gun, McCo, Nasy, Torch, Wada, Young’s et Yllo, ne sont pas pour autant bad boys, loin s’en faut.

« Le terme voyous traduit surtout un état d’esprit de rébellion et fait référence au refus de toute forme de censure », explique Gun. De nombreux thèmes sont abordés : problèmes de société et blues des ados. Cette démarche est devenue manifeste après le succès du titre Bavy aza mandeha mafy (N’avance pas trop vite, ma soeur) sorti en 2014. Ce tube a marqué les esprits par son texte sans concession. Dans ce titre il est question des petites nanas qui sont la proie des prédateurs en tous genres. « Nous ne voulons pas tenir un rôle de donneurs de leçons », affirme cependant Young’s.

Une des plus grandes fiertés de ces jiolahy de la liberté d’expression est d’avoir réussi à devenir enfin autonomes. En effet, ils possèdent depuis 2013 leurs propres studios son et image, Jiol’Ambup’s Records et Jiol’Ambup’s Pictures. « Le montage de ces structures s’est présenté comme une nécessité compte tenu du manque de confiance que les studios professionnels nous accordaient à nos débuts. Notre franc-parler et le nom provocateur de notre groupe ont fait que beaucoup de portes se sont fermées. »

Mais ces galères font partie du passé. Avec un album sorti en 2014 intitulé Jiol’Ambups Collector, Jiol’Ambup’s semble avoir trouvé sa place dans le paysage urbain avec des clips qui font un tabac sur les réseaux sociaux ainsi que des collaborations réussies avec d’autres rappeurs. Mais le collectif ne compte pas en rester là. Pour cette année un nouvel album pourrait voir le jour, mais la production du mini-album cinq titres de Jioladies, version féminine de Jiol’Ambup’s, reste la priorité. Bup bup’s pee doo ! 

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