Jean-Michel Perdigon : L’ÂME AVANT LE SENS
12 septembre 2012 - CulturesNo Comment   //   1846 Views   //   N°: 32

« Cette toile doit avoir trois à quatre mois. Un travail sur le hasard, la maîtrise et l’apprentissage de l’accident puis le renouvellement de l’accident jusqu’à ce qu’il se produise d’autres accidents. Ensuite c’est mon regard qui intervient, je pose mon oeil comme le ferait un photographe… »

À Madagascar depuis 12 ans parce qu’il voulait « continuer sa vie dans un autre décor », Jean-Michel Perdigon considère qu’il peint de la même manière que les hommes des peintures rupestres. Primitif au sens de « premier », voire un peu chamanique. Cultivant l’abstraction pure, dans la lignée de Jackson Pollock et des recherches de Gérard Richter. il expose relativement peu (en 2003 à l’Alliance française de Tananarive et en 2010 à l’Institut français de Madagascar), conscient d’avoir ici un public réduit. « Expliquer mes tableaux est quelque chose que je ne peux pas faire, il faut ressentir leur âme ». 

« À Paris, je peignais à l’acrylique, mais à Madagascar je suis passé à la peinture industrielle locale. Peindre à la Glycéro impose de le faire à l’air libre, sinon c’est nocif. J’aime les peintures des portes de maison usées par le temps, lorsque la couche précédente est encore visible : cette usure aléatoire et non maîtrisée me fascine… » 
 

« Apprendre seul pendant longtemps m’a évité d’être perverti par l’académisme, je suis profondément convaincu que mes tableaux ont plus besoin d’âme que de sens. Si j’avais appris aux Beaux-Arts, ce ne serait pas si naturel… » 

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