Jax-Ravel : Voix de basse
28 décembre 2012 - Cultures Music Musiques commentaires   //   1633 Views   //   N°: 35

À 22 ans, tout juste promu enseignant au CGM, il s’impose comme le maître malgache de la basse électrique, digne héritier des Jaco Pastorius et Richard Bona.
Autre corde à sa basse, le scat : un style vocal rattaché aux grandes heures du jazz. Vous avez dit boop-boop-a-doo ? 

Le bon vieux skit-dat-de-dat et autres onomatopées « shoo-beedoo- ouesques » immortalisés dès 1926 par le grand Louis (Armstrong) n’ont jamais vraiment percé chez nous.
Pour une raison inexpliquée, nous ne sommes pas une nation dédiée au scat, le nom donné à cette technique vocale qui fit les grandes heures du swing de Cab Calloway à Count Basie.

Mais cela pourrait bien changer, voire s’enseigner dans un futur proche, car le bassiste Jax Ravel, tout récemment promu professeur de musique au Centre germanomalgache (CGM) d’Analakely, en est un fervent défenseur.
« J’ai découvert le scat par Richard Bona, un des bassistes qui m’a le plus influencé et qui le pratique couramment.
Je trouve que ça se marie bien avec l’alphabet de la basse.
C’est à la fois old school et moderne, exactement ce que j’aime. »

C’est ce mélange très savant des genres et des époques qui caractérise The Band, le sextet (lauréat du dernier tremplin de Madajazzcar) où il officie depuis 2011 aux côtés de Lova Ramahefason (guitare), TahinaVibe (saxophone et chant), Daddy Rabe (percussions), Njaka Rakotonirainy (piano) et Six (batterie).
« Jazz classique, airs populaires, fusion, du moment que c’est de la bonne musique », estime-t-il.

Ce goût très sûr, il le doit à sa formation de haut niveau en jazz, suivie à Boston il y a deux ans.
Mais aussi à une sensibilité musicale développée au contact de ses parents.
Papa pianiste, maman chanteuse : le petit Jax n’a pas 12 ans lorsqu’il intègre comme bassiste l’orchestre familial.
« C’est en écoutant Datita Rabeson que j’ai compris que je voulais faire du jazz.
Et la basse est un instrument merveilleux pour ça, elle permet de fusionner les sons des percussions, du piano, de la guitare et même du saxophone. »
Polyvalent et sans ornières, il se fait rapidement un nom en accompagnant les grosses pointures de la scène malgache, aussi bien le Joel Rabesolo Trio, la valihiste Volahasiniaina Linda, que des groupes de gospel.

Qui dit basse électrique dit forcément Jaco Pastorius, le génialissime instrumentiste de Weather Report, groupe phare du jazzrock des années 70, dont il se veut l’héritier.
« Grâce à lui, le bassiste est passé du stade de simple accompagnateur à soliste à part entière.
Il m’a appris qu’une basse peut faire passer les émotions autant que tout autre instrument et que c’est tout aussi spectaculaire à voir sur scène. »

De la basse, il peut aisément passer à la guitare ou à la batterie, sans oublier de composer.
Des airs qui lui ressemblent : plein de sons fretless à la Pastorius (directement piqués sur le manche), de scats qui partent dans tous le sens, et ça et là des réminiscences de Bach ou de Mozart ! Désormais occupé à enseigner au CGM, Jax Ravel n’en oublie pas son principal objectif pour l’année qui vient : la création d’un Jax Ravel Trio ou Quartet, il ne sait pas encore.
« Tout ce que je sais, c’est que ce sera très éclectique et très électrique. » Poo-poo-pee-doo ? 

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