Jasminah Rasoanarivo : « Sida : prévalence basse, mais prudence »
30 décembre 2012 - AssociationsNo Comment   //   1767 Views   //   N°: 35

À l’occasion de la Journée mondiale du sida célébrée le 1er décembre, l’association PSI (Population Services International) Madagascar rappelle que si la pandémie est relativement maîtrisée chez nous, il convient de ne pas baisser la garde. Parole à Jasminah Rasoanarivo, coordinateur du programme de prévention. 

PSI s’appuie sur le marketing social pour lutter contre le VIH/sida…
Comme organisation médicale mondiale implantée à Madagascar depuis 1998, nous utilisons les principes du marketing pour favoriser l’accès des populations à toutes sortes de produits ou services de santé.
Fin novembre, dans le cadre de la lutte contre la malaria, nous avons orchestré une campagne de distribution de moustiquaires gratuites dans l’est du pays.

Contre la pandémie du sida et les infections sexuellement transmissibles (IST), nous mettons à la disposition du public des préservatifs vendus 200 ariary le lot de trois, là où un seul préservatif coûterait normalement 5 000 ariary.
Cela est possible grâce à l’implication de nos bailleurs qui nous fournissent en préservatifs Protector Plus, mais aussi en préservatifs féminins Feeling ou en kits de traitement des IST. 

Où en sont les chiffres du sida ?
La prévalence du VIH a toujours été et reste basse dans notre pays : 0,4 % pour les adultes de 15- 49 ans selon les derniers chiffres.
Nos activités de prévention et de traitement concernent donc surtout les groupes à risque, à savoir les femmes enceintes (0,09 %), les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ou HSH (14,7 %), les professionnelles du sexe (0,29 %) et les consommateurs de drogues injectables (7,1 %).
On vise aussi les jeunes sexuellement actifs de 15 à 24 ans qui souffrent d’un manque patent d’information.
Les préservatifs ne sont pas distribués gratuitement, car on estime que pour que les gens prennent conscience de leur valeur, il faut qu’ils mettent un minimum la main à la poche.

Comment se passe la sensibilisation sur le terrain ?
Nous recrutons des « pairs éducateurs » qui ont pour rôle de sensibiliser les autres.
Ce sont des jeunes, des HSH ou même des travailleuses du sexe qui agissent sous la conduite d’un superviseur.
À l’heure actuelle, ils sont un peu moins d’une centaine, mais leur nombre évolue en fonction de nos financements et de nos objectifs.
Par exemple, nous avons trois équipes pour s’occuper des travailleuses du sexe sur la capitale. Nous agissons sur toute l’île, avec un bureau dans chaque région.
Nous avons également un service de dépistage en collaboration avec des médecins privés dans le cadre de la franchise Top Réseau. Notre objectif est que le leitmotiv de la campagne mondiale antisida 2011-2015 « zéro décès lié au sida » soit une réalité à Madagascar.. 
 

Recueillis par #JoroAndrianasolo

COMMENTAIRES
Identifiez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.
[userpro template=login]