Irène Rasolofomanantsoa
1 mai 2014 - AssociationsNo Comment   //   2844 Views   //   N°: 52

Une place au soleil

Aider les enfants des rues à retrouver un toit, une dignité,  un avenir décent, telle est l’ambition de l’association #LesEnfantsduSoleil qui agit dans la Grande Ile depuis presque deux décennies. Un travail de longue haleine, avec ses joies et ses peines, comme l’explique sa déléguée générale.

Créée par Robert Richard au Sénégal en 1985, présente  à Madagascar  depuis 1995,  l’association Les Enfants du soleil a pour vocation d’aider les enfants des rues, les 4’mis comme on les appelle. « Autant ceux qui vivent sur le bitume que ceux qui s’en sont sortis, mais doivent aujourd’hui de battre pour se faire leur place dans la société, notamment au niveau de leur avenir professionnel », explique Irène Rasolofomanantsoa, déléguée générale de l’association.

Pour l’association, reconnue d’utilité publique en 2013, le succès se mesure au nombre de jeunes qu’elle a pu remettre sur  les rails : « A ce jour, 255 jeunes répartis dans tout Madagascar sont passés par chez nous et ont pu trouver un travail.  Il y en a encore 439 que nous réinsérons dans leur cellule familiale  et qui sont suivis au jour le jour par nos assistantes sociales et nos éducateurs. » L’association accueille tous les jeunes de 5 à 21 ans, mais au-delà ils doivent être en mesure d’acquérir leur  autonomes, refusant pour eux la « spirale de l’assistanat passif ».

Pour abattre tout ce travail, l’association ne dispose que d’une équipe de 160 personnes réparties sur toute l’île. Leur travail est évalué régulièrement par des membres du conseil d’administration des Enfants du soleil qui se rendent à Madagascar chaque année. « Leur regard extérieur nous aide à progresser, ça nous motive plus que jamais et c’est ce qui a permis de garder notre action pérenne en 19 ans… »

 Le travail commence sur le terrain avec des rondes de nuit aux côtés d’assistantes sociales et d’éducateurs, pour repérer les enfants en très grande précarité. Ces derniers sont remis à leur famille quand cela est possible, c’est-à-dire quand ce n’est pas préjudiciable à leur équilibre et à leur avenir. En ce cas, ils sont accueillis dans l’un des villages de l’association  : à Antsirabe, Fianarantsoa, Antananarivo, Toliara  (ce dernier ne faisant office que de cantine scolaire). Là ils sont placés dans un « foyer » de 12 à 15 enfants et confiés à un binôme d’éducateurs qui seront leurs parents de substitution. Certains ayant déjà été scolarisés, d’autres non,  l’association tente alors de les inscrire dans les écoles publics, puisqu’il n’y en a pas dans les villages.

 

En octobre 2013, l’association a obtenu pour la neuvième fois  le renouvellement de son accord de siège, la condition sine qua non pour exercer légalement en tant qu’ONG humanitaire sur le territoire malgache.  Au niveau du budget , 600 000 euros lui sont alloués annuellement, sans oublier les partenariats et les 2 000 donateurs fidèles agissant depuis la France. Avec la Fondation Telma, elle développe notamment  le projet « L’informatique pour tous » depuis deux ans. A noter également le geste du Groupe Basan qui a fait don d’éléments nutritifs pour les enfants et de Couleur Café à Antsirabe ou de l’entreprise Floréal qui a recrutent des jeunes issues des Enfants du soleil.

 Malgré tout, les difficultés demeurent : « Certains jeunes réussissent brillamment , comme Christian qui est aujourd’hui ingénieur agronome chez Holcim, mais pour beaucoup le chômage et l’exclusion sociale guettent. Les préjugés ont la vie dure… »

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