Ichiro Ogasawara , Ambassadeur du Japon à Madagascar : Le Japon à Mada
8 décembre 2016 - ÉcoNo Comment   //   2734 Views   //   N°: 83

Après une période relativement froide (2009-2014), la relation bilatérale entre le Japon et Madagascar est de nouveau au beau fixe. Elle serait même à un niveau jamais atteint dans toute l’histoire des deux pays, explique Ichiro Ogasawara, le nouvel ambassadeur japonais en poste depuis juillet dernier.

Ichiro Ogasawara , Ambassadeur du Japon à Madagascar
« D’une île à l’autre, on se comprend très bien »

Comment se porte la relation nippo-malgache ?
Elle ne s’est jamais aussi bien portée. Le Japon est plus que jamais présent à Madagascar car notre gouvernement estime que toutes les conditions, notamment institutionnelles, sont remplies pour entretenir cette relation. Nous nous lançons dans le financement de projets à longue durée, d’autant plus que selon le Fonds monétaire international (FMI), le climat constitutionnel et la macro-économie sont favorables. A titre d’exemple, nous allons accorder un prêt à conditions préférentielles de 300 millions d’euros pour les travaux d’extension du port de Toamasina. C’est la première fois que nous allouons une telle somme à Madagascar.

En 2015, Daishiro Yamagiwa, ministre en charge du secteur privé japonais, était en visite à Madagascar…
Il est venu dans le cadre d’une série de visites programmées de hauts responsables japonais. Entre autres, il était ici pour le Projet Ambatovy. En effet, cette société d’extraction de nickel constitue un des plus grands investissements japonais à Madagascar, sachant qu’un peu plus du tiers des actions de ce projet est détenu par une entreprise japonaise, Sumitomo Corporation.

L’objet de son déplacement était de voir dans quelles conditions le Projet Ambatovy se déroule et si notre politique « gagnant-gagnant » tient. Actuellement, cette société génère dans la localité plus d’une vingtaine de projets sociaux et économiques.

Depuis peu, la balance commerciale de Madagascar vers le Japon est excédentaire…
De Madagascar vers le Japon, le volume d’exportation est actuellement de 17 milliards de yens (150 millions d’euro) contre seulement 1,8 milliard dans le sens inverse, soit dix fois moindre. Et d’ici peu, on s’attend à ce que le chiffre d’affaires malgache augmente suite au voyage d’une délégation malgache à Tokyo en septembre dernier. Issus du secteur privé, les membres de cette délégation ont rencontré une soixantaine de sociétés qui pourraient être potentiellement des partenaires. Traditionnellement, ce sont les produits de la pêche et de l’agriculture que Madagascar vend au Japon. Mais ce basculement spectaculaire de la balance commerciale s’explique par la construction de l’usine de raffinage de nickel à Ambatovy, utilisant une technologie de pointe. Plutôt que de vendre du nickel brut à moindre prix, elle apporte de la valeur ajoutée à ce produit.

Combien de Japonais vivent à Madagascar ?
Ils sont au nombre de 140 contre 85 l’année dernière. La moitié travaille dans le domaine de la coopération, notamment le JICA, tandis qu’un quart est dans le secteur privé. Le quart restant est composé d’épouses de Malgaches. Quoi qu’il en soit, Madagascar est très bien perçu par les Japonais, sans doute parce que c’est aussi une île. Moi-même, avant de prendre mes fonctions d’ambassadeur en juillet dernier, j’avais déjà eu une certaine idée du pays merveilleux où j’allais vivre. Depuis, chaque jour est une découverte.

Le Japon est également très présent sur le terrain de l’éducation…
Nous venons de donner 27 milliards d’ariary pour la construction d’une trentaine d’écoles primaires publiques (EPP) dans la région Antsinanana, un territoire victime tous les ans de cyclones ravageurs. Des appels d’offre, ouvert notamment aux entreprises locales, ont été lancés afin que cette somme soit totalement absorbée par la région et qu’elle lui soit doublement utile. Généralement, les travaux sont réservés aux sociétés originaires des pays donateurs. Des projets concernant l’éducation, nous en avons beaucoup, pour ne citer que le Projet d’appui à la gestion participative et décentralisée de l’école, mené par le JICA. En effet, comme nous avons fait jadis au Japon, nous voulons valoriser les ressources humaines malgaches en appuyant l’éducation et à la formation.

Et le volet culturel ?
Partout dans le monde et pas seulement à Madagascar, c’est une tradition japonaise d’appuyer la culture, nous estimons que c’est en soi une grande force de développement. Pour la Grande Île, nous continuons, entre autres, à investir dans la reconstruction du Palais de la reine Manjakamiadana. Ce monument historique constitue à la fois une identité nationale, une source d’inspiration pour les artistes et les artisans, et une attraction pour les touristes. En collaboration étroite avec l’Unesco et le ministère malgache de la Culture, de la Sauvegarde des patrimoines et de la Promotion de l’artisanat, nous avons posé la première pierre d’un atelier d’ébénisterie où travailleront les restaurateurs des œuvres d’art et des mobiliers du palais. Une exposition est en vue pour montrer au grand public ces joyaux.

Propos recueillis par #SolofoRanaivo

Nikka
Le whisky japonais

Les connaisseurs apprécient sa pureté et son arôme. Fruit d’un métissage entre le savoir-faire japonais et écossais, le whisky Nikka est presque aussi célèbre que le fameux alcool de riz. Masataka Taketsuru est considéré comme le père de ce whisky nippon. Fils d’un producteur de saké et chimiste de formation, il arrive en Ecosse en 1918 après être passé par les vignobles de San Francisco. Sur place, il rencontre sa future femme Jessie Roberta Cowan dite Rita qu’il ramènera au Japon en 1920. Son voyage dans le pays premier producteur de whisky avait un but précis : acquérir les connaissances nécessaires pour la production d’un whisky de malt japonais. Et c’est chose faite puisqu’en 1924, Taketsuru commence la construction de la distillerie Yoichi sur la fameuse île d’Hokkaido au nord du Japon. Une douzaine d’années plus tard, les premiers « single malts » (distillé en alambic à repasse)

provenant d’une seule distillerie sont produits. Ils proviennent à 100 % d’orge malté. Ensuite, viennent les « pure malts » ou « blended malts qui sont un assemblage de plusieurs single malts, là encore exclusivement à base d’orge malté. Le choix se fait entre le « Pure Malt Red » avec ses notes douces et fruitées et le « Pure Malt Black », fûmé et épicé. Enfin pour les amateurs de whisky de grain, la distillerie de Miyagikyo produit ce whisky à base de céréales autres que l’orge malté, distillé dans un alambic à colonne. La légèreté du « Nikka coffey grain » ravira ceux qui n’apprécieront pas l’onctuosité de « Nikka coffey malt ».

Tradition
Oshôgatsu

Bonne année, bonne santé ! Synonyme de renouveau, le nouvel an est l’occasion pour les japonais d’honorer leurs aînés et de boire le premier saké de l’année. Depuis le XIXe siècle, la société nippone fête le Nouvel An. Dans la tradition japonaise, le passage à la nouvelle année se prépare et se fête dès les derniers jours de fin de l’année et s’étend jusqu’aux premières semaines du mois de janvier.

Les cartes de vœux appelées nengajô doivent être envoyées avant le 28 décembre pour bien arriver à destination exactement le 1er janvier. Le oshôgatsu-nouvel an est une occasion pour les japonais de faire un grand ménage appelé communément chez eux ôsôji, un nettoyage de fond en comble servant de rite de purification. Côté décoration, ils posent devant leur porte le kadomatsu fait de bambous et de pins. Cela a pour but d’accueillir les Dieux. Une corde sacrée constituée de torsades de paille de riz décorés appelé shimenawa est accrochée à la porte pour se protéger des démons.

Selon AmbinintsoaRakotomanana, directeur de l’Institut japonais de l’Université d’Antananarivo : « le réveillon ou ômisoka se déroule généralement en famille mais aujourd’hui les jeunes préfèrent les sorties entre amis ». En grands amateurs de ramens (nouilles), ils consomment le toshikoshi en signe de passage de l’année. Aux alentours de minuit, ils se rendent au temple ou au sanctuaire pour la première visite de l’année ou hatsumôde. Après cette visite tout le monde rentre pour le grand festin, le menu est varié et préparé à l’avance dans des boites compartimentées. Traditionnellement, ce sont les mères de famille qui les préparent.Durant cette soirée les enfants reçoivent les fameuses enveloppes appeléesotoshidama ou toshi-dama contenant des billets offerts par les grands-parents ou les oncles et tantes.

Le premier jour de l’année arrivé, tout le monde se lève tôt pour contempler les premières lueurs du soleil ou hatsuhinode. On boit le premiersake de l’année ou toso à 9h du matin, rien de tel pour accompagner un petit-déjeuner très copieux avant de lancer les cerfs-volants, histoire de souhaiter une nouvelle année pleine de réussite.

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