Home sweet home
5 octobre 2015 - Fanahy gasy commentaires   //   884 Views   //   N°: 69

C’est autour du feu que se fait l’harmonie des familles, notaient il y a très longtemps les anciens Malgaches. Bien vu et bien … et bien avant que la télé n’ait pris le relais de l’antique feu de bois ! 

Tsy ny donak’afo no mahafana ny trano, fa ny mpivady mifanaradraharaha (Ce n’est pas le feu qui rend le foyer chaleureux, mais des époux unis). Home sweet home, en quelque sorte. On parle bien ici du « feu » et du « foyer », mots de la même étymologie, et donc quasi-pléonasme ! Ce halo de chaleur autour duquel les familles se rassemblent pour se réchauffer, manger ou simplement se délasser. Rôle que s’approprient aujourd’hui la télévision, la radio, l’ordinateur et… le portable – faut-il le regretter ?

Pour les Ntaolo Gasy – les anciens Malgaches – la chaleur du foyer renvoyait à l’idée de bien-être et d’équilibre au sein du ménage. Très en avance sur la plupart de leurs contemporains, ils ne cloîtraient pas leurs femmes, ne les niaient pas, mais au contraire les respectaient en tant que telles, reconnaissant et estimant leur rôle, totalement complémentaire à celui de l’homme. 

Ce n’est donc pas étonnant qu’un tel peuple a pu nourrir une telle passion pour ses reines !Bref, ce dicton séculaire renvoie à cette notion d’égalité et de complémentarité, ou tout simplement d’harmonie, entre l’homme et la femme unis dans un même destin. Il n’est pas tout à fait question d’amour ici, mais plutôt d’entente raisonnée entre les époux quant à leurs tâches respectives à accomplir pour la bonne marche du foyer. Un peu comme un contrat de vie entre deux personnes qui ont choisi de vivre ensemble… pour le meilleur et pour le pire. Voilà qui est d’un réalisme de bon aloi !

Pour les Ntaolo, le feu symbolise les richesses et l’harmonie. Sous-entendu qu’un foyer riche mais désuni court inévitablement à sa perte, alors qu’un foyer modeste mais uni est en possession d’un véritable trésor ! C’est l’idéal du trano bongo, cette petite maison en latérite et au toit de chaume. Le soir, chacun se rassemble autour du feu, avec la satisfaction d’avoir accompli sa tâche quotidienne. En attendant le repas, le grand-père raconte les histoires du passé et transmet ainsi sa culture ancestrale, plus précieuse que ces stupides séries télé américaines, indiennes ou brésiliennes dont on nous abreuve aujourd’hui (même si les archétypes sont finalement les mêmes). Une leçon de vie !

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