Grenouille diamant : Le nouveau petit bijou
6 octobre 2015 - Nature commentaires   //   1795 Views   //   N°: 69

Championne tout-terrain de la biodiversité, la Grande Ile ajoute à sa longue liste d’espèces endémiques une nouvelle grenouille diamant. Elle a été découverte cette année à la faveur d’une expédition scientifique menée dans le massif sauvage de Sorata, dans le Nord de l’île. 

Le massif de Sorata est une zone de haute altitude aux pics encore largement inexplorés. Il est couvert d’une forêt compacte appelée localement Andravory. L’expédition menée cette année par des biologistes étrangers avait pour but de faire l’inventaire des espèces existantes et si possible d’en découvrir de nouvelles. Leur espoir ne fut pas déçu. En tout cas en ce qui concerne le Dr Mark Scherz, un herpétologiste allemand spécialisé dans les reptiles et amphibiens de Madagascar, travaillant pour la Collection zoologique d’État de Munich et qui est à l’origine de la découverte. Il en a fait un compte rendu très détaillé en août dernier dans la revue scientifique Zoosystematics and Evolution.

La belle, il faut bien le reconnaître, a fière allure. Comme toutes les grenouilles diamants de la famille des microhylidés – à laquelle se range la fameuse grenouille tomate, elle aussi endémique de Madagascar -, elle est toute petite, de couleur brune, avec la peau humide et lisse. Avec toutefois une singularité anatomique, ses pattes inhabituellement longues, qui lui ont valu le nom scientifique de Rhombophryne longicrus (du latin longus (long) et crus (patte).

Mark Scherz est d’avis qu’il s’agit là d’une espèce micro endémique, autrement dit circonscrite à une toute petite surface de cette vaste forêt pluvieuse de 250 km2. « On ne le trouve que dans une zone bien précise. Elle n’en est que plus vulnérable face à la déforestation galopante qui touche cette région, d’autant qu’il s’agit-là d’une zone non protégée », relève le scientifique. Pour cette raison, il plaide pour que la grenouille figure dès à présent au rang des espèces menacées d’extinction. « Nous recommandons de l’inscrire sur la liste rouge des espèces menacées de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) », écrit-il dans Zoosystematics and Evolution.

« Chez nous, dès qu’une espèce nouvelle est découverte, elle est déjà menacée d’extinction. Il est temps que nous prenions conscience des dégâts de la déforestation », commente laconique un porte-parole de la WWF à Madagascar. A peine découverte et déjà menacée… L’occasion de rappeler l’extraordinaire responsabilité que le pays a envers sa faune et la flore qui sont endémiques à plus de 80 % : une espèce qui disparaît à Madagascar est perdue pour le monde entier, même si les scientifiques sont unanimes à reconnaître que le pays abrite encore bien des spécimens à découvrir.

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