Graphistocrate : Le Pierrot Men du numérique ?
2 août 2015 - Médias commentaires   //   2200 Views   //   N°: 67

Lorsqu’un scientifique a la fibre artistique, cela donne un personnage comme Graphistocrate (Faly Rakotoarivony pour l’état civil). C’est à son initiative que s’est tenue en juin dernier la première exposition sur les arts numériques.  

On a tous été influencés par les dessins animés et films d’animations de notre enfance. Faly Harisetra Rakotoarivony, lui, a poussé cette influence jusqu’au bout. Tout en étant un scientifique pur et dur, il a su développer sa créativité à travers les arts numériques. En plus de ses études en physique, mathématiques et statistiques appliquées à l’Université d’Antananarivo, il a décidé d’ajouter une corde à son arc en suivant une formation en multimédia à Paris. Graphistocrate est donc un mélange ingénieux d’artiste et de scientifique, en d’autres termes : un esthète savant.

On en a eu un aperçu lors de l’exposition sur les arts numériques qui s’est tenue en juin dernier au Centre de ressources d’arts actuels de Madagascar (Craam), où ses oeuvres ont été exposées. Des photos réalistes en 3D, réalisées entièrement avec des logiciels tels que Blinder 3D, ce qui lui a permis, par exemple, de décliner toutes les nuances de jour sur le lac Anosy. « Je suis en quelque sorte le Pierrot Men du domaine numérique », s’amuse-t-il à dire.

Pour lui, il est clair que l’art et la science peuvent se combiner. « J’aime croiser l’esthétique qui touche le coeur et la technique qui apporte toute sa rigueur. »

Il existe d’ailleurs des Masters où les formations combinent 25 % d’art et 75 % de technologie ou vice versa, comme à l’Institut de recherche en informatique de Toulouse (Irit). Le fait de traiter le côté artistique mais aussi scientifique d’un sujet permet une approche plus créative. Le but est de « couper le souffle » et les nouvelles technologies peuvent servir de support à cette nouvelle forme de communication.

Précurseur d’un genre nouveau, Graphistocrate aime aussi partager ses acquis. Il est d’ailleurs enseignant et chef du service radio et Web de l’Université d’Antananarivo. Il peut témoigner de l’envie des étudiants à approfondir cette discipline. C’est d’ailleurs à leur initiative qu’a pu se tenir cette première exposition sur les arts numériques en juin dernier. La dernière journée de l’expo a permis à Faly Rakotoarivony de tenir une conférence sur l’infographie 2D et 3D servant à communiquer car « une image vaut mille mots », affirme-t-il. La 2D et la 3D ne se limitent donc plus au domaine du divertissement ; elles sont mêmes devenues un enjeu économique de poids vu la demande croissante du public pour ce type d’expression.
 

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