Gasy Lady : Foza toi-même !
1 mai 2015 - Cultures Music Musiques commentaires   //   9181 Views   //   N°: 64

« Tsy milay » (C’est naze) et « Tsy poin’s » (Pas intéressée) cartonnent méchamment depuis des mois sur les dancefloors. Le style « foza » (bas de gamme) inventé par le grand Ramora Favory aurait-il trouvé son équivalent féminin en cette tropicaleuse atypique et gentiment iconoclaste ? N’écoutez pas Messieurs !  

Elle n’est dans le showbiz que depuis seulement huit mois, et déjà on ne voit qu’elle ! Jugez plutôt : quatre concerts à la suite dans la capitale, rien que pour les deux jours des fêtes pascales. Voilà une performance que lui envierait plus d’un vieux routier de la scène locale. Bref, Gasy Lady (Yvenne Narisoa Ravoniarivelo pour l’état-civil) est vraiment l’attraction tropicale du moment. Avec un répertoire, il faut bien le dire, qui ne fait pas précisément dans la dentelle, mais c’est là tout son charme ! Des titres comme Tsy milay ou Tsy poin’s fleurent bon les bas quartiers, le style foza (bas de gamme) comme on dit chez Ramora Favory ! Une identification qui n’est pas tout à fait pour lui déplaire. « Je ne vois pas pourquoi une femme n’irait pas dans ce registre très populaire. Ramora est à mes yeux un grand artiste, il a les mots justes pour parler des petites gens qui en bavent. »

La différence entre les deux est qu’il y a sans doute moins de mots à écouter et plus de musiques à danser chez Gasy Lady. Loin de se cantonner au style foza du maître Favory, elle touche allègrement au coupé-décalé, au sudaf, voire au reggae dans ses tours de chant. « Je suis très éclectique dans mes choix. Il n’y a que le rock que je n’ai pas encore essayé, j’aimerais bien. Tant que ça bouge, ça me convient ! » Et de citer parmi ses références des groupes comme Ambondrona, mais aussi Rebika ou la chanteuse Bodo. « Chanter de la variété est tout un art. Il faut savoir s’effacer devant le public, c’est ça le secret des grands artistes. »

À 25 ans, elle est loin d’être une novice de la scène, ayant appris à chanter en public dès l’âge de 5 ans : « Maman animait un cabaret dans le Nord. J’ai tout appris sur le tas. » Elle en a gardé un grand professionnalisme, ne laissant rien passer au niveau des arrangements et des chorégraphies. « Certains, au vu de ma corpulence, pensent que je ne dois pas beaucoup bouger sur scène. Méfiezvous des apparences ! » Elle a surtout su s’entourer de Pierrot Matatana, un des auteurs-compositeurs mafana les plus en vue du nord de l’île. « Au début, quand il m’a donné Tsy milay, j’ai cru à une blague. Je ne pensais vraiment pas pouvoir chanter ça. Puis après j’ai compris qu’il y avait un créneau à prendre, et je l’ai pris » Son album intitulé Tsy milay est dans les bacs depuis le 16 avril et cartonne méchamment dans les boîtes. Pas si naze que ça ! 

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