Forêts humides de l’Atsinanana Sanctuaires en péril
10 mars 2014 - Nature commentaires   //   1113 Views

Les six parcs nationaux qui constituent les forêts humides de l’Atsinanana sont inscrits depuis 2007 au patrimoine mondial de l’UNESCO. Une bonne nouvelle qu’est malheureusement venue refroidir en 2010 leur inscription à la Liste du patrimoine mondial en péril, pour cause de braconnage et de pillages des ressources naturelles…

Les forêts humides de l’Atsinanana comprennent les six parcs nationaux de Marojejy, Masoala, Zahamena, Ranomafana, Andringitra et Andohahela. Six écrins naturels étendus sur 479 661 hectares et reflétant l’un dans l’autre l’incroyable biodiversité des forêts humides de l’est. Ici le taux d’endémicité des espèces est de 80 à 90 %, soit l’un des plus élevés du monde (on en vient à parler de mégadiversité !) Ce n’est donc pas une surprise lorsque l’UNESCO décide en juin 2007 d’inscrire ces parcs sur sa fameuse Liste du patrimoine mondial. Elle comprend aujourd’hui 981 biens répartis dans 160 pays, d’une valeur universelle reconnue « exceptionnelle ». Deux autres sites malgaches y figurent : la réserve naturelle intégrale du Tsingy de Bemaraha depuis 1990, et la colline royale d’Ambohimanga depuis 2001.

Cette liste se double hélas d’une autre liste beaucoup moins réjouissante, celle du patrimoine mondial en péril, également du ressort de l’Unesco. Les forêts humides de l’Atsinanana ont le triste privilège d’y figurer depuis juillet 2010, aux côtés de 44 autres biens « sinistrés ». En 2013, la Syrie y a fait une entrée fracassante avec quatre chefs d’œuvre en péril inscrits d’un coup : les anciennes villes d’Alep, de Bosra, de Damas, le Crac des Chevaliers, le site de Palmyre et enfin les villages antiques du Nord de la Syrie. Pour Madagascar, ce n’est pas la guerre mais toujours l’inconséquence des hommes qui est à l’origine de cette situation. La déforestation sauvage n’a laissé dans cette partie de l’île que 8,5 % des forêts pluvieuses d’origine à tel point que l’on peut parler de forêts « reliques » pour celles de l’Atsinanana. On y trouve néanmoins une faune et une flore originelles en tout point exceptionnelles, par exemple plus de la moitié des 123 espèces de mammifères non volants de l’île.

Leur disparition compromettrait gravement la biodiversité de l’île, et c’est pourtant ce qui et en train de se passer. Principaux responsables, les coupes illégales de bois et le braconnage dont sont notamment victimes les lémuriens endémiques, comme l’aye-aye (Daubentonia madagascariensis) aujourd’hui sur la liste rouge des espèces menacées de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature). Un état de fait qui préoccupe les spécialistes de l’environnement déjà alertés en 2009 par l’épineux dossier des trafics de bois précieux sur les sites de Marojejy et de Masoala.

Andoniaina Bernard

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