Ferme de Morarano : L’effet papillon…
22 janvier 2012 - Escales Escales commentaires   //   1979 Views   //   N°: 24

Reprise par Daniel Favre il y a cinq ans, la ferme de Morarano, à Ambatolampy, abrite aujourd’hui le Musée des papillons. Un lieu de découvertes pour tous les amoureux de la nature, prolongé d’un riche jardin botanique.

C’est à Ambatolampy, à 70 km au sud de Tana, sur la route de Tsinjoarivo, que Daniel Favre, dit Nanou Le Savoyard, a décidé de s’installer il y a cinq ans après avoir résidé 22 ans à La Réunion. Ayant racheté la Ferme de Morarano à un Réunionnais, il se retrouve en présence d’un véritable petit paradis des plantes et des insectes. À la différence d’une ferme classique peuplée de vaches, de poules et de chèvres, celle de Morarano renferme en effet une impressionnante collection de papillons et d’insectes provenant des quatre coins du monde… l’Europe, l’Asie, l’Afrique et bien sûr Madagascar.

À l’origine, cette collection appartenait à Emy et Jean-Baptiste Cornet, un couple de Français venu s’installer à Madagascar en 1993. Très engagés dans le travail social, notamment l’aide aux enfants défavorisés, on leur doit l’ouverture de deux écoles privées et d’une classe maternelle à travers l’association philanthropique La Cigale et la Mygale. Ensemble, ils ouvrent aussi ce qui s’appelle

alors le Musée de la nature, renfermant les quelque 6 000 espèces de papillons et d’insectes que Jean-Baptiste, un entomologiste passionné, a glanées pendant ses 30 années de voyages autour du monde. « Après son décès, c’est sa femme Emy qui a repris l’insectarium, mais elle a dû l’abandonner en raison de gros problèmes de santé. À sa demande, j’ai donc racheté la collection et construit le bâtiment actuel qui est ouvert au public depuis 2010 »,

précise Nanou. Nouveau bâtiment, nouvelle désignation : le Musée des papillons est né.

Parmi ses trésors entomologiques, on y trouve bien sûr la Comète de Madagascar, Argema mittrei pour les scientifiques, le plus grand papillon du monde avec ses 30 cm d’envergure ! Il est endémique de la grande île comme les trois quarts des lépidoptères de Madagascar. Certains sont considérés comme les plus beaux du monde, comme l’Uranie de Madagascar (Chrysiridia madagascarensis) dont les ailes splendides, semblables aux couleurs de l’arc-en-ciel, sont traditionnellement utilisées en joaillerie. En raison des dégâts possibles que provoque leur chasse sur l’environnement, leur vente et exportation s’opèrent aujourd’hui à partir d’élevages sévèrement contrôlés.

Passionné d’insectes en tout genre, Jean-Baptiste Cornet a aussi ramené de ses pérégrinations une impressionnante collection de scarabées, mygales, scorpions, phasmes, sauterelles et criquets, toujours visibles à Ambatolampy. Sans oublier quelques coquillages et raretés minéralogiques.

Après la visite du musée, celle du jardin botanique s’impose. Constitué à partir du fonds légué par le couple Cornet, c’est la grande fierté de Nanou Le Savoyard qui n’a cessé de le développer. Aujourd’hui, il y fait pousser toutes sortes de plantes aromatiques et médicinales, ainsi que des fruits et légumes destinés à fournir des produits bio – « des huiles essentielles aux confitures », précise-t-il. Des centaines de plantes attendent le visiteur : géranium, verveine, rhubarbe, violettes… un véritable régal des sens ! 

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