Fenohasina Andriamalala : « Alerte au réchauffement »
4 septembre 2015 - Nature commentaires   //   2047 Views   //   N°: 68

En vue de la Conférence de Paris sur les changements climatiques qui aura lieu en décembre prochain, des jeunes issus du monde associatif ont organisé la première édition tananarivienne de la Conférence des parties dans ma ville (COP in my city). Fenohasina Andriamalala, principale organisatrice, nous en dit plus. Ca va chauffer ! 

COP in my city en quelques mots ?
Chaque année, depuis 20 ans, il y a ce qu’on appelle la Conférence des parties (COP) à laquelle participent tous les pays signataires de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. L’objectif est de prendre ensemble des décisions pour atteindre les objectifs préétablis de lutte contre le dérèglement climatique. En clair, impulser et accélérer la transition vers des sociétés et des économies plus sobres en carbone. Cette année, la 21e édition (COP-21) se tiendra à Paris au mois de décembre. 

En vue de cet événement, des conférences sont organisées par et pour les jeunes dans plus de 20 villes dans le monde, dont Tana. Le but est de former une communauté de jeunes leaders oeuvrant pour le succès de la COP. Une première manifestation s’est tenue au Cite Ambatonakanga début août, d’autres auront lieu jusqu’en novembre.

En quoi Madagascar, pays sans industries, contribue-t-elle au dérèglement climatique ?
Certes, on ne figure pas dans la liste des pays industrialisés, producteurs de gaz à effet de serre. Madagascar n’est pas pollueuse, mais il ne faut pas oublier que même à petite échelle, l’agriculture est aussi polluante. Or, la population malgache est constituée à 85 % d’agriculteurs. Nous sommes donc aussi concernés que les Chinois ou les Occidentaux. Et même si nous sommes une île à l’écart des grands axes d’échanges, nous subissons bel et bien la pollution perpétrée par les grands pays industrialisés. Les conséquences sont déjà bien réelles, même si l’on ne se rend pas encore compte. Par exemple, la production rizicole dans l’Itasy, le grenier à riz de la Grande-Ile, a baissé de presque un tiers depuis quelques années à cause du chamboulement des saisons culturales.

De tout cela, la population a-t-elle conscience ?
Pas suffisamment. Après enquêtes, nous avons constaté que beaucoup ont entendu parler du changement climatique, mais ne savent pas concrètement ce que c’est. C’est pourquoi nous, jeunes volontaires issus essentiellement d’associations dans le domaine de l’environnement et du développement durable, nous avons décidé d’organiser ce COP dans ma ville à Tana. Il y a urgence. La température de la planète ne cesse de monter, le régime hydraulique de se modifier. La terre est en perpétuel changement, avec ou sans l’Homme. Les questions sont dorénavant : comment adapter le calendrier cultural à ce chamboulement, comment faire pour avoir de l’eau potable malgré l’altération des eaux douces ? Des enjeux vitaux pour le pays.

Propos recueillis par #SolofoRanaivo

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