Fanja Andriamanantena : La discrète
10 février 2012 - CulturesNo Comment   //   1947 Views   //   N°: 25

C’est son troisième album solo en un presque demi-siècle de carrière. On ne peut pas dire que la Diva malgache abuse de son art qui reste épuré jusqu’à l’austérité. Une façon bien à elle de faire sonner le jazz, à la fois swing et chic. 

Elle n’avait guère fait parler d’elle depuis son concert de 2009 au Carlton, qui consacrait à la fois ses 45 ans de scène et la sortie de son deuxième album, le très abouti et très jazzistique Soa fa tia. Mais Fanja Andriamanantena aime à se définir comme une « travailleuse de l’ombre » qui ne condescend à se présenter sous les feux des projecteurs que lorsque le besoin s’en fait sentir. Il faut croire que ce moment est arrivé puisque la Lady sings the blues malgache annonce pour cette année la sortie d’un troisième album dont le titre n’est encore connu.

Trois albums en un presque demi-siècle de présence sur scène, sa discographie est bien à l’image de son art : épuré jusqu’à l’austérité, toute entier consacré à la recherche de la perfection. Une rigueur qui l’amène à ne pas considérer tout à fait comme « sien » le double album collectif Isika no miaraka (Chaque fois que nous sommes ensemble) qu’elle a produit en 2005.

« J’avais une vingtaine de chansons qui étaient restées dans mes tiroirs et dont je pensais qu’elles ne m’allaient pas. Je leur ai donc trouvé d’autres interprètes, de préférence parmi les jeunes. » À ses côtés des talents du calibre de Sammy Andriamanoro, Haja Rakotonimanga, Silo, Bekoto et Dadah Rabel de Mahaleo. Une reine très entourée, en tout cas pas bégueule. « Dans le rap, il y a de bons textes et souvent un bon fond musical. Quoiqu’on en dise, c’est de la musique », note-t-elle.

Lorsqu’elle sort Ravin-dohataona en 2000, son tout premier album, Fanja a déjà plus de 35 ans de scène derrière elle. Issue d’une famille d’artistes, éduquée dans le jazz et les chansons évangéliques depuis son plus jeune âge, elle débute à peu près à l’époque des Surfs, mais pas exactement dans le style yé-yé ! Une carrière qu’elle choisit délibérément d’interrompre pour partir étudier à l’étranger, travailler en entreprise, fonder une famille, élever ses trois enfants. Trois décennies de silence ou presque avant de retrouver son public. « Je suis revenue parce que je ne peux pas vivre sans musique et que j’essaie d’en faire mieux le mieux possible », confie celle qui, avant de renouer avec la scène, a également écrit des nouvelles et sorti en 1998 un recueil de poèmes. Sa méthode : ne pas forcer son talent, ne pas aller contre sa nature. « Lorsque j’ai envie de composer, le feeling n’est pas présent. Il vient toujours lorsque je ne me sens pas prête ». C’est ainsi que de petites merveilles comme « Taratasy ho anao » semblent lui être venues comme par inadvertance. Mais ce n’est qu’une apparence.

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