Evatraha : UN PANORAMIQUE « HOLLYWOODIEN »
1 août 2012 - Escales Escales commentaires   //   2085 Views   //   N°: 31

À quelques encablures de Fort-Dauphin, les collines qui surplombent le village de pêcheurs d’Evatraha offrent l’un des plus beaux paysages de Madagascar composé d’une chaîne montagneuse, l’océan et ses plages, canaux et lagunes… 

L’embarquement vers la pointe Evatraha se situe aux abords du lac Lanirano. En chemin, les vues sur le pic Saint-Louis qui, du haut de ses 529 mètres, domine la presqu’île de Fort-Dauphin, sont superbes. La végétation qui abonde en ces contrées est exubérante et nul ne s’étonnera qu’en ces lieux, trois aires protégées présentent un éventail très large des plus belles espèces de la flore méridionale de Madagascar.

La sortie du lac Lanirano débouche sur un étroit canal bordé de typhonodorums ou oreilles d’éléphants. On pourrait se croire sur l’un des innombrables cours d’eau des Pangalanes. La chaîne anosyenne qui, à perte de vue, sert de toile de fond à ce décor grandiose nous rappelle que nous sommes, bel et bien, à l’extrême sud-est de la grande île. Des villages rassemblant quelques cases en falafa se sont implantés sur les dunes de sables qui ourlent le rivage, entre mer et canal. Ce sable dont on extrait depuis quelques années l’ilménite. Que l’on se rassure, seule une petite écluse, que franchissent avec nous quelques pirogues de pêcheurs traditionnels, trahit la présence de cette discrète industrie extractive.

Un autre lac reste à traverser jusqu’au terme de notre croisière « fluviale ». De jeunes femmes immergées jusqu’à la taille pêchent au filet. L’une d’entre elles a son enfant accroché dans son dos. Il dort, y compris quand sa mère, à la faveur d’un trou d’eau, le précipite en grande partie dans les flots !

Nous débarquons près du village d’Evatraha qui est perpétuellement animé par une multitude d’enfants, des joueurs de dominos, des femmes qui tressent quelques vanneries, des pêcheurs qui réparent leur filet… Les hauteurs immédiates de ce village aux cases bien alignées entre les cocotiers, permettent de découvrir un panoramique à « couper le souffle » : la lagune se jette dans la mer, les vagues de l’océan Indien déferlent sur des plages infinies et l’ensemble de la chaîne anosyenne n’est ponctué que par la bourgade de Fort-Dauphin qui semble blottie à ses pieds.

En longeant la côte, ce n’est qu’une succession de criques toutes plus belles les unes que les autres, régulièrement occupées par de petites plages de sables. Cette côte voit s’épanouir de nombreux népenthès, espèce carnivore remarquable de la flore locale. La courte balade que nous effectuerons jusqu’à la baie de Lokaro nous aura permis de rencontrer des pêcheurs et leurs belles prises ainsi qu’un collecteur d’huîtres bien charnues. Quel moment de bonheur que de déguster ces fruits de mer, bien installé au creux de baies où dès le début du XVIe siècle vinrent s’établir des Portugais puis des Français ! 

Le soleil déclinant nous invite à la méditation tout en admirant les vagues qui viennent s’échouer en de belles gerbes sur la côte rocheuse. Que pourrait-il y avoir de changé en ce décor d’une parfaite harmonie depuis l’époque où quelques émissaires du roi Louis XIV implantèrent ici un comptoir de la compagnie des Indes orientales ? 

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