Ernest : Gardien de l’avenir
13 mars 2013 - Éco Métiers commentaires   //   810 Views   //   N°: 38

Ernest est gardien dans une école préscolaire d’Ampandrana. En trente ans de métier, il en a vu défiler des bambins. Souvent on l’arrête dans la rue pour se rappeler à son bon souvenir. Des « petits » d’hier devenus de hautes personnalités et qui tiennent à le remercier.

Voilà déjà trois décennies qu’il exerce le métier de gardien d’école à Ampandrana. Une école préscolaire qui a vu passer des générations entières de moutards, dont certains sont devenus très célèbres. Mais ne comptez pas sur Ernest, 49 ans, pour vous donner des noms. Par nature et par profession, il est très discret. À quelques mois de la retraite, il est étonné que le temps ait passé si vite. Pour le reste, il a toujours aimé faire ce métier. « Ce n’est pas un travail difficile puisqu’il n’y a pas de coffre-fort à garder, ce n’est pas une banque ou un établissement à risque », explique-t-il. Levé à 5 heures, c’est lui qui ouvre le portail à 7 heures, surveille les entrées et sorties durant les heures de

cours et rend les enfants à leurs parents à 16 h 30. Mais la journée n’est pas finie pour lui : il lui faut encore faire le ménage dans les salles de classe et dans la cour, nettoyer les pots dans lesquels les élèves ont fait popo.

Ernest est passionné par les bambins, et ce n’est pas seulement parce qu’il gagne sa vie grâce à eux. Quand il a fermé le portail et qu’il se retrouve chez lui il est logé dans l’école -, il se tourmente encore pour ses « enfants » : « est-ce qu’ils sont tous bien rentrés chez eux ? » On lit tellement de ces choses dans les journaux ! Le lendemain matin, il est heureux de les retrouver frais et dispos. Ernest, qui est lui-même deux fois grand-papa, n’hésite pas à jouer avec eux pendant la récréation ; il leur apprend à sauter à la corde, corrige leurs fautes de prononciation, calme les plus turbulents. Pendant les vacances, quand les salles de classe sont vides, il se sent seul, errant comme une âme en peine. « Ils me manquent, les aiguilles de ma montre ne semblent pas bouger, c’est comme si la journée durait un siècle. »

Ernest a vu pas moins de mille élèves défiler devant lui. Il lui arrive souvent d’être abordé dans la rue par des gens très sérieux en costume cravate qui lui disent être des anciens élèves. De hauts responsables politiques ou d’entreprise. « Certains me remercient, en me disant qu’ils ne m’ont jamais oublié et qu’ils me sont redevables de quelque chose. C’est une énorme fierté pour moi qui n’ai jamais fait d’études… »

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