Elpicasso : Manifeste pour une nouvelle peinture
17 janvier 2017 - Comores Diaspora commentaires   //   1862 Views   //   N°: 84

Originaire de Bwéni et Mdé, deux villes voisines du centre de la Grande Comores, Zainou El-Abidine, également appelé Elpicasso, est un jeune plasticien et cinéaste résolument tourné vers la modernité. Ce qui ne l’empêche pas de se reconnaître une dette envers la tradition comorienne.

Elpicasso, Zainou El-Abidine Ali Mohamed pour l’état civil, est sans aucun doute, à 26 ans, l’une des valeurs sûres de la nouvelle peinture comorienne. Il incarne cette nouvelle génération éprise de modernité, mais qui pour autant ne renie pas l’apport de la tradition. C’est aussi un artiste universel qui non seulement manie les pinceaux avec maestria, mais fait également du cinéma, sculpte le bois et joue de la guitare.

C’est lors d’une exposition initiée par les Comoriens d’Égypte qu’il a été repéré par des enseignants de la Faculté des beaux arts du Caire qui l’ont invité à s’inscrire dans le département Arts plastiques de cette institution. « Parallèlement à mes études aux beaux-arts, j’ai suivi une formation en artisanat à l’académie Suzane Mubarak où je me suis spécialisé dans l’art-cut, l’art du découpage. » Une technique qu’il utilise toujours dans sa peinture et qui l’a fait connaître dans son pays : on lui doit notamment ses étonnants portraits de présidents comoriens réalisés à l’occasion de « Croisement de plume », une expo qu’il a montée avec Hakim, un artiste comorien spécialiste du graffiti.

« J’ai exposé pour la première fois en 2011 à la galerie Cad’art de Hissane Guy, que j’appelle affectueusement ‘Maman’. Depuis, j’ai rencontré bien des artistes, anciens ou nouveaux, qui ne cessent de m’accompagner et me conseiller. Je suis convaincu que l’avenir de la culture comorienne est dans ce brassage entre anciens et modernes », fait valoir Elpicasso qui reconnaît volontiers le tribut qu’il doit à des artistes comme Seda, pour s’en tenir aux grands aînés.

Il est également l’auteur de plusieurs courts métrages, dont « l’histoire d’Amadou » projeté à l’IFM lors de la 10e édition des Rencontres du film court (RFC), un film de quatre minutes pour la sensibilisation sur le sida. Il a participé à nombreux festivals dont le Comoros international film festival (Ciff) ou le festival de Luxor. Il a remporté le deuxième prix du concours Eco-clip organisé par la Commission de l’océan Indien (COI). « Le cinéma, c’est mon deuxième métier après la peinture », confie le jeune artiste.

Artiste engagé, il fait souvent référence à l’histoire politique des Comores, mais aussi aux Printemps arabes de ces dernières années, un mouvement qu’il a suivi de près. « J’ai vécu en Egypte avant la chute de Hosni Mubarak. Maintenant, quand je m’y rends, j’ai les larmes aux yeux, tellement cela réveille de souvenirs. » Elpicasso se présente aussi comme un artiste « responsable », autrement dit soucieux de ne pas trop tirer sur l’environnement à travers ses activités de peintre. Ainsi, il travaille de plus en plus avec des matériaux recyclés et du papier mâché. Un artiste complet.

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