Elemotho: La voix du désert
1 juillet 2013 - CulturesNo Comment   //   1489 Views   //   N°: 42

Elemotho G.R. Mosimane est un artiste namibien originaire du désert de Kalahari. Lauréat du Prix #découvertes RFI-France 24 en 2012, il a donné son premier concert sur la Grande Île en mai dernier à l’Institut français de Madagascar. Trois questions vite faites avant son entrée en scène.

 

Qu’est-ce qui a changé pour toi avec le Prix Découvertes ?

C’a été comme un tremplin, plein de portes subitement se sont ouvertes. Pendant des années j’ai bourlingué avec ma guitare en Afrique, aux États-Unis, en Europe… je sais ce que c’est d’être l’inconnu que personne n’attend. Et ce soir je chante pour le public malgache ! En plus je suis le premier Namibien à avoir remporté ce concours, c’est une fierté supplémentaire. Aujourd’hui, je peux me consacrer uniquement à ma musique, sans me charger de la promotion ou de la production. Peu d’artistes ont ce privilège.

Te considères-tu comme un #artiste engagé ?

Je suis à la fois un artiste et un militant. Tout petit, j’écoutais les radios du Zimbabwe, d’Afrique du Sud et du Botswana. Partout c’était l’apartheid, en Namibie aussi il y avait la séparation entre Blancs et Noirs. Puis on a eu l’indépendance en 1990. Tout cela te marque forcément, même si je l’ai vécu au fond d’une petite ferme sans électricité du désert de Kalahari. Mes chansons fonctionnent un peu comme les histoires qu’on se racontait autour du feu. Dans le désert, il n’y a rien, il faut savoir aller à l’essentiel. J’y parle de politique, d’amour, des rapports entre gens de #culture différente (ma femme est Espagnole), de spiritualité, de philosophie. Je veux que ma musique émeuve. Elle est faite pour qu’on danse dessus autant que pour être écoutée.

Comment définir ton style de #musique ?

Pour faire simple, c’est un mélange de sonorités africaines et de rythmes contemporains. J’aime explorer tous azimuts, c’est la raison pour laquelle je puise aussi bien dans le jazz, le reggae, le blues que dans les mélodies de chez moi. Dans mon premier album The System is a joke, (Le système est une plaisanterie), on retrouvait des rythmes de chez moi avec des accents folks. Mon troisième album Ke Nako (Le moment venu), sorti cette année, est dans cette lignée, sans doute un peu plus studio que les précédents. Les morceaux sont chantés en setswana, ma langue maternelle, en anglais et dans d’autres langues de Namibie. Je ne veux surtout pas faire de musique commerciale.

Propos recueillis par #AinaZoRaberanto

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