Drift Control : de l’Adrénaline au Tournant
4 octobre 2012 - LoisirsNo Comment   //   1348 Views   //   N°: 33

Apprendre à négocier des virages à coups de dérapages contrôlés, tel était l’objet du stage de pilotage qui s’est tenu sur le circuit fermé de Sicam à Anosizato pour la quatrième session des formations Drift Control. Un sport qui peut aussi sauver des vies.

 

Gros coup de patin, la voiture se met à chasser dans un crissement de pneus assourdissant, tout en prenant le virage à la corde. Quand vous voyez ça dans un James Bond, vous vous dites : c’est du cinéma, chiqué ! Et pourtant emergency brake (frein d’urgence), long slide (longue glisse) et power over (surpuissance) sont des techniques couramment enseignées dans les écoles de pilotage pour aborder un tournant de la façon la plus rapide qui soit. C’est ce que l’on appelle le drift (« glissade » en français), un sport automobile né au Japon dans les années 1980, mais que tout pilote de rallye ou simple conducteur soucieux de sa sécurité a tout intérêt à pratiquer pour apprendre garder en toute occasion le contrôle de son véhicule. 
 

C’était précisément l’objet du stage qui a eu lieu du 29 août au 2 septembre dernier à l’initiative de Drift Control, la première école de pilotage à Madagascar. Pendant cette semaine à tout berzingue une trentaine d’apprentis-pilotes se sont succédé sur le circuit fermé de Sicam à Anosizato, sous la houlette de Laza Randriamifidimanana, le responsable de l’école mais également champion de Madagascar des rallyes 2011, assisté de son ami le pilote Jean-Yves Ranarivelo, dit Joda.

Pour cette nouvelle session, la quatrième depuis sa création, était également présent un invité de marque en la personne de Laurent Clutier, pilote de rallye (1er au Trophée Twingo R2 en 2012) et spécialiste du drift qu’il enseigne au Drive Control d’Alès, en France. « J’ai fait des stages de drift avec Laurent il y a une dizaine d’années, c’était l’homme tout indiqué pour enseigner les bases », confie Laza. « Les techniques sont les mêmes que celles utilisées en rallye, sauf qu’on exagère volontairement la glisse pour apporter une touche spectaculaire. Malgré tout, le pilote est davantage jugé sur le contrôle du véhicule que sur la rapidité », précise le Français.

Né dans le milieu des courses de rues sauvages (les runs comme on les appelle à Madagascar), le mouvement drift est aujourd’hui totalement professionnalisé. Son utilité est telle qu’il est inscrit aujourd’hui dans tous les programmes de sécurité routière, histoire de ne pas se laisser prendre de court quand on a à négocier un virage particulièrement serré, cause de bien des accidents de la route. Freinage du pied gauche, maniement du volant, glisse sans frein à main, maîtrise de la dérive… les principales techniques ont été passées en revue avec une grande nouveauté pour cette quatrième édition : le « baptême de piste », autrement dit du vrai pilotage en circuit fermé, en compagnie d’un pilote hautement exercé. Sept véhicules de tout type (traction, propulsion, quatre roues motrices) ont servi au stage dont la BYD FO et la Chery QQ6 fournies par Continental Auto, les Peugeot 106, 206 et deux 505, ainsi qu’une Mistubishi Lancer Evolution 6.

Pour Laza, de telles initiatives ont le mérite de susciter des vocations pour les courses de rallye, une discipline où Madagascar tient une place plus qu’honorable au plan régional et mondial, et ce n’est pas tout à fait un hasard. 
 

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